BFMTV

E. Joly : « Parce que Van Rompuy ne fait pas d'ombre à Sarkozy »

-

- - -

Van Rompuy président de l'UE, Ashton à la diplomatie. Des choix très contestés, notamment par la députée européenne Eva Joly, qui dénonce des « tractations ».

L'Union européenne a désigné jeudi 19 novembre le Belge Herman Van Rompuy pour devenir son premier président, et la Britannique Catherine Ashton pour diriger sa diplomatie. Un tandem peu connu qui n'aura pas la tâche facile pour faire mieux entendre la voix de l'Europe dans le monde. Comme l'explique la députée européenne du mouvement Europe Ecologie, Eva Joly, qui critique fermement ce double choix.

« Van Rompuy, plus petit dénominateur commun »

Rappelant que « le traité de Lisbonne a créé la Présidence du Conseil pour 2 ans et demi, afin de donner un visage à l'Europe », Eva Joly déplore « le choix qui a été fait, d'Herman Van Rompuy [Premier ministre belge]. Parce qu'on a choisi le plus petit dénominateur commun, explique-t-elle, celui qui ne ferait pas de l'ombre, ni à Nicolas Sarkozy, ni à Monsieur Brown [Premier ministre britannique]. On a choisi quelqu'un qui reste timide, dont on ne connaît pas la vision de l'Europe ; ce n'est pas une personnalité forte. [...] Je le regrette, j'aurais voulu quelqu'un qui représente une vision de l'Europe. Ce qui me console, c'est que l'Europe est une institution en évolution. Il faut se réjouir que le Traité soit entré en vigueur, du fait que nous ayons un Président européen et se dire que dans 2 ans et demi on va faire mieux. »

« Ashton, lot de consolation pour les Anglais »

La Britannique Catherine Ashton a elle été retenue pour devenir haut représentant pour les Affaires étrangères de l'UE. Une « position plus importante » que celle de Van Rompuy, selon Eva Joly, qui dénonce également ce choix de personne : « on peut aussi penser qu'il y a eu des tractations, qu'on a voulu dédommager les Anglais - parce qu'on n'a pas choisi Tony Blair -, leur donner un lot de consolation. »

Pour écouter l'intégralité de l'interview d'Eva Joly, cliquez ici.

La rédaction-Bourdin & Co