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Doutes et divisions au menu des journées d'été EELV

Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé en novembre 2011au conseil fédéral d'EELV.

Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé en novembre 2011au conseil fédéral d'EELV. - Fred Dufour - AFP

Le parti écologiste aborde la rentrée divisé, notamment sur la stratégie à suivre par rapport à la majorité socialiste.

Ce jeudi, Europe Ecologie - Les Verts entame la saison des universités d'été des partis politiques français. Le parti écologiste se réunit sur le campus de Pessac, à côté de Bordeaux, jusqu'à samedi, pour la première université d'été depuis le départ de ses deux ministres du gouvernement. L'occasion pour un parti divisé de faire le point sur sa place dans le paysage politique français, et ses derniers résultats électoraux.

Car les revers subis par la gauche aux élections municipales et européennes n'ont pas épargné les écologistes. Depuis, le parti se divise sur la stratégie à adopter vis-à-vis du gouvernement et du PS alors que deux échéances les attendent à la rentrée, le vote du budget et la conférence environnementale.

Chez les écologistes, on ne cache pas qu'il y a des "discussions internes sur la stratégie". "Si le parti est divisé, c'est aussi que la situation politique n'est pas bonne", avait défendu la secrétaire nationale Emmanuelle Cosse. Dans une interview à Libération, elle affirme pourtant qu'EELV a pour devoir d'alimenter la critique: "j'assume notre appartenance à la majorité, mais aussi notre devoir de dire que la gauche, quand elle gouverne, doit réussir et s'en donner les moyens. Ce n'est pas parce que nous sommes partenaire du PS que nous devons dire amen à sa politique."

Duflot enfonce le clou

Deux plénières programmées traduisent les doutes des écologistes au sein de la majorité. L'une intitulée "qu'attend-on des écologistes?" se tiendra vendredi de 20h à 22h avec Emmanuelle Cosse. L'autre, "les promesses du Bourget ont-elles été tenues?" est prévue samedi de 11h à 13h avec notamment Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de l'aile gauche du PS. Cécile Duflot, députée de Paris et ancienne ministre enfonce le clou avec la sortie le 25 août d'un livre racontant les coulisses de son passage au gouvernement intitulé De l'intérieur, voyage au pays de la désillusion (Fayard).

L'ancienne ministre qui avait accusé le gouvernement de "s'éloigner de sa majorité" pourrait vouloir construire une opposition de gauche au gouvernement. Jean-Vincent Placé, qui aurait préféré que les écologistes restent dans l'exécutif, est davantage sur la ligne d'une "majorité la plus rassemblée possible: socialistes, radicaux de gauche, écologistes (...) et ouvrir davantage aux autres forces de gauche et (...) aux centristes".

Ces journées seront également l'occasion de fêter les 40 ans de l'écologie politique. Une plénière y sera consacrée, mais sans la présence d'historiques du parti comme Daniel Cohn-Bendit, Noël Mamère ou encore Dominique Voynet. Elle réunira notamment Jean-Luc Bennahmias, fondateur du Front démocrate, secrétaire national des Verts de 1997 à 2001, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts puis d'EELV de 2006 à 2012, Corinne Lepage, présidente de Cap 21 ou encore Antoine Waechter, président du Mouvement écologiste indépendant (MEI), candidat des Verts à l'élection présidentielle en 1988.

Ariane Kujawski avec AFP