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"Deux tiers des Français ne font confiance ni à la gauche ni à la droite"

Si la classe politique ne change pas de stratégie, elle pourrait en payer le prix fort aux municipales.

Si la classe politique ne change pas de stratégie, elle pourrait en payer le prix fort aux municipales. - -

87% des Français estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas de ce qu'ils pensent. Pascal Perrineau, chercheur, évoque "une colère" plus uniquement dirigée vers "les représentants politiques".

Sinistrose, pessimiste, défiance à l'égard des politiques. Voilà le tableau inquiétant que dresse l'institut de sondage OpinionWay pour le Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po), selon un rapport publié lundi.

Un chiffre est particulièrement alarmant : 87% des Français estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas de ce qu'ils pensent. C'est deux points de plus qu'en 2012 et six points de plus qu'en 2009.

Invité sur RMC ce lundi, Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po et chercheur au Cevipof, évoque "un danger" et une difficulté pour les élus d'assuler "un tel rejet". Il en est certain, la défiance et la colère commencent à "entamer le lien social".
"Le sentiment est que les représentants politiques restent sourds aux intérêts des Français, il y un sentiment de délaissement, d'être mis sur le bord du chemin".

Deux tiers des Français ne font confiance "ni à la gauche ni à la droite et ce désarroi peut trouver plusieurs exutoires : "l'abstention de protestation, ou la recherche d'hommes et de femmes neufs. En 1958, les Français se sont tournés vers un homme providentiel, le général de Gaulle".
Seuls le conseil municipal et le maire trouvent grâce aux yeux des Français pour le professeur, qui note "une confiance de l'ordre de 62% dans le politique de proximité".

"Pour 3 Français sur 4, leurs enfants s'en tireront bien moins qu'eux dans le futur"

L'enquête voit également émerger un sentiment du "rejet de l'autre" : selon Pascal Perrineau, cela s'explique par un sentiment de "double crise", politique, et économico-sociale. "Quand on désespère, on a tendance à s'en prendre aux autres, les valeurs se durcissent, une certaine peur commence à s'installer." Et d'évoquer un chiffre préoccupant : "les Français sont pessimistes, 3 sur 4 considèrent que leurs enfants s'en tireront bien moins qu'eux dans le futur".

entraînent un "doute" de plus en plus important, non plus focalisé sur "les représentants politiques" des Français, mais sur "le fonctionnement même de la démocratie", pour deux tiers des Français, estime le chercheur. Et Pascal Perrineau prévient, si la classe politique ne change pas de stratégie, elle pourrait en payer le prix fort aux prochaines élections.

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La rédaction