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Des précisions attendues de Villepin sur le dossier Karachi

Les familles de victimes de l'attentat de 2002 à Karachi ont décidé de surseoir à la plainte envisagée contre Dominique de Villepin dans l'attente d'éventuelles précisions de sa part, a déclaré samedi leur avocat Olivier Morice. /Photo prise le 25 septemb

Les familles de victimes de l'attentat de 2002 à Karachi ont décidé de surseoir à la plainte envisagée contre Dominique de Villepin dans l'attente d'éventuelles précisions de sa part, a déclaré samedi leur avocat Olivier Morice. /Photo prise le 25 septemb - -

PARIS (Reuters) - Les familles de victimes de l'attentat de 2002 à Karachi ont décidé de surseoir à la plainte envisagée contre Dominique de...

PARIS (Reuters) - Les familles de victimes de l'attentat de 2002 à Karachi ont décidé de surseoir à la plainte envisagée contre Dominique de Villepin dans l'attente d'éventuelles précisions de sa part, a déclaré samedi leur avocat Olivier Morice.

Dominique de Villepin a confirmé vendredi que des soupçons de rétro-commissions vers des hommes politiques français avaient conduit le président Jacques Chirac à interrompre en 1995 le versement de commissions en marge d'une vente de sous-marins au Pakistan.

Il a dit avoir demandé à être auditionné comme témoin par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke le plus vite possible.

"Les familles ont trouvé l'attitude de M. Dominique de Villepin courageuse, de venir s'expliquer rapidement à TF1, de fournir les précisions sur les enquêtes qui avaient été faites à l'époque sur les soupçons de rétro-commissions vers des hommes politiques, et donc les familles souhaitent attendre les explications qui seront fournies pour déposer ou non cette plainte", a dit à Reuters Me Olivier Morice.

L'avocat avait annoncé vendredi le dépôt d'une plainte pour mise en danger d'autrui et homicides involontaires visant Dominique de Villepin, Jacques Chirac et d'anciens dirigeants de la Direction des constructions navales (DCN).

Tous avaient, selon Me Morice, connaissance des risques auxquels l'Etat exposait les salariés de la DCN en interrompant le versement de commissions au Pakistan.

L'instruction cherche par ailleurs à déterminer si le fait que Jacques Chirac ait fait cesser le paiement des commissions après son élection à l'Elysée en 1995 a ou non un lien avec l'attentat de Karachi, qui a causé la mort de onze salariés français de la DCN en 2002.

"Nous attendons que M. de Villepin puisse fournir des précisions complémentaires et, dans l'attente de ces explications, nous suspendons le dépôt de la plainte", a dit Me Morice, demandant que l'ancien secrétaire général de l'Elysée donne le nom des hommes politiques destinataires de rétro-commissions.

Dans le livre "Le Contrat" des journalistes Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, Dominique De Villepin affirme que les commissions ont été interrompues parce que Jacques Chirac voulait s'attaquer au "trésor de guerre" d'Edouard Balladur, son adversaire à droite à l'élection présidentielle de 1995.

La plainte visant Jacques Chirac sera déposée après l'audition de Dominique de Villepin, a ajouté Olivier Morice.

"Les familles regrettent en revanche que le président Jacques Chirac, par l'intermédiaire de son avocat, ait fait savoir qu'il entendait se murer dans le silence", a-t-il dit.

Jean Veil, conseil de l'ancien président, a affirmé samedi, citant la Déclaration des droits de l'homme et la constitution de la Ve République, que Jacques Chirac n'avait pas à s'expliquer sur les faits commis dans l'exercice de ses fonctions passées.

Clément Guillou