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Politique

Des élus ultramarins fustigent le placement du ministère des Outre-mer sous tutelle de l'Intérieur

Plusieurs responsables politiques ont dénoncé ce lundi le basculement du ministère des Outre-mer sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, une première depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

À peine nommé, le ministre délégué Jean-François Carenco voit son portefeuille décrié. Les élus d'Outre-mer, toutes étiquettes confondues, reprochent un amalgame entre la question sécuritaire et la gestion du quotidien des deux millions de Français vivant hors métropole.

Car depuis 2012 et l'élection de François Hollande, le ministère des Outre-mer était détaché de Beauvau. Avant Jean-François Carenco, Yaël Braun-Pivet, la ministre des Outre-mer disposait d'un ministère à part entière.

Une première depuis 2012

Le placement du ministère sous la délégation de Gérald Darmanin est donc vécu comme une "punition électorale", selon Victorin Lurel, ex-ministre des Outre-mer sous François Hollande (2012-2014) alors que l'Outre-mer a majoritairement placé en tête Jean-Luc Mélenchon puis Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle.

Ce changement renvoie "un mauvais signal", estime Olivier Serva, député ex-LaREM, qui voit un message "sécuritaire" dans ce rattachement à Beauvau plutôt qu'à la Première ministre. "C'est comme si l'on cantonnait la Réunion à des problèmes de sécurité", abonde le député réunionnais insoumis Perceval Gaillard. "D'abord l'Ordre, le reste on avisera", ironise Victorin Lurel.

"Un mépris"

Sur fond de crise économique, sanitaire et sociale amplifiée par la défiance envers le vaccin anti-Covid, les élus pointent un "mépris" des Outre-mer de la part du gouvernement.

"Les territoires ultramarins méritent tellement mieux que d'être considérés comme une 'France de seconde zone'", regrette la députée de la Réunion Nathalie Bassire.

Les élus ont toutefois mieux accueilli le profil de Jean-François Carenco, ancien préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon (1996-1997) et de la Guadeloupe (1999-2002), devenu président de la Commission de régulation de l'énergie. Olivier Serva a ainsi salué "quelqu'un qui est à l'écoute, un homme de dialogue et qui a une certaine appétence pour l'Outre-mer". Mais il a regretté qu'il ne "soit pas un ultramarin".

A.G avec AFP