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Député matraqué à Bordeaux: la France insoumise dénonce la réaction du préfet et veut susciter celle de la classe politique

Jean-Luc Mélenchon (photo d'illustration)

Jean-Luc Mélenchon (photo d'illustration) - FEFERBERG / AFP

Loïc Prud'homme, député LFI élu en Gironde, a dit avoir été matraqué samedi alors qu'il quittait un cortège de manifestants à Bordeaux. Le préfet s'est aussitôt rangé du côté des forces de l'ordre. La France insoumise a dénoncé cette réaction et une forme d'apathie de la classe politique.

"Je ne sais pas si maintenant un député de la nation doit courir en voyant les forces de l’ordre." C'est l'un des commentaires que Loïc Prud'homme a formulés sur notre antenne peu après avoir indiqué qu'il avait été frappé par la matraque d'un policier, en quittant une manifestation de gilets jaunes à Bordeaux. Il a aussi déclaré qu'il avait décliné son identité et sa qualité de parlementaire en voyant les policiers avancer vers lui.

La colère de Loïc Prud'homme 

Aussitôt, la préfecture de Nouvelle Aquitaine a donné son satisfecit aux forces de l'ordre et a assuré que le parlementaire avait participé à une manifestation non-déclarée, et se trouvait dans un secteur en principe interdit. Cette réponse a fortement déplu à l'intéressé. "Le matraquage sans sommation est donc une marque de conscience professionnelle? Vos propos sont scandaleux Monsieur Le Préfet! J'étais à plusieurs centaines de mètres de Pey-Berland, cours Pasteur et je rejoignais tranquillement la Place de la Victoire avec un ami", a -t-il lancé sur Twitter.

Loïc Prud'homme a encore qualifié d'"inacceptables" les propos du préfet aquitain.

Jean-Luc Mélenchon évoque un silence médiatique 

Dans la foulée des événements, la France insoumise avait publié un communiqué demandant la démission du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Jean-Luc Mélenchon a aussi reproché l'attitude médiatique devant ces faits. "Télé et radio d'État muettes sur le matraquage du député insoumis à Bordeaux Loïc Prud'homme. C'est plus la France", a publié sur Twitter, le député élu dans les Bouches-du-Rhône. 

Son confrère de l'Assemblée nationale, Alexis Corbière, s'est quant à lui tourné vers les députés, sollicitant leur soutien pour son camarade, par delà les différences partisanes:

"Je m'adresse solennellement à tous les démocrates et tous les parlementaires de rejoindre la protestation contre le matraquage du député Loïc Prud'homme. C'est une question de principe républicain, au delà des désaccords politiques que nous pouvons avoir."

Des parlementaires désabusés

A l'évidence, la bouteille à la mer n'a pas trouvé de rivage où aborder. Ce qu'Alexis Corbière a vivement déploré, toujours sur Twitter:

"La maison de Richard Ferrand dégradée? J'ai condamné. Les insultes racistes adressées à des députés LaREM? Les permanences? Violences contre les FDO? Insultes contre Finkielkraut? Idem. Et vous Pas un mot quand des manifestants sont blessés. Rien quand un député se fait matraquer."

Younous Omarjee, député européen, a lui paru très désabusé, comme l'a montré ce tweet:

"Il ne reste plus rien de la vie politique que j ai connu en d’autres temps. L’éthique de solidarité républicaine entre les collègues d’une même assemblée, au delà de leurs appartenances partisanes, quand sont en cause les principes s’en est allé. Le nouveau monde est vulgaire". 

Robin Verner