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Déconfiner les départements rouges? "De la pure folie" pour le président du Bas-Rhin

Le président du Conseil départemental du Bas-Rhin réclamait ainsi une stratégie de déconfinement "différenciée" et "adaptée au contexte" en Alsace.

"Nous ne sommes pas prêts à déconfiner le 11 mai", a déploré ce jeudi soir Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, quelques heures après que le gouvernement a détaillé son plan de déconfinement progressif à partir de ce lundi. 

"Quand le Premier ministre avait annoncé qu'il y aurait des départements rouges et des départements verts, j'avais le sentiment qu'il avait pris la mesure des réalités sanitaires différentes selon les territoires", explique Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin. 

"Je suis d'accord: quand le département est vert, il faut laisser le déconfinement se développer le plus largement possible. Mais en Alsace, le nombre de personnes atteintes est encore élevé. Nous ne sommes pas prêts à déconfiner le 11 mai", déplore-t-il, qualifiant cela de "pure folie". 

"Des masques pour tous les habitants dans les lieux publics"

Le président du Conseil départemental du Bas-Rhin réclamait ainsi une stratégie de déconfinement "différenciée" et "adaptée au contexte" en Alsace. Il propose donc plusieurs pistes pour déconfiner la région en limitant les risques. Parmi elles, le port du masque obligatoire pour tous dans les espaces publics.

"Au regard de la situation, il faudrait que tous les habitants aient des masques dans les lieux publics", poursuit-il. "Nous en avons commandés, nous sommes en train de les recevoir mais nous ne pourrons les diffuser que dans les 15 jours qui arrivent. Il nous aurait fallu plus de temps."

La crainte d'une nouvelle vague

Insistant sur l'épuisement des équipes hospitalières du Grand-Est, l'une des régions les plus touchées par le coronavirus, il explique craindre une nouvelle vague de contaminations.

"Le déconfinement tel qu'il est imaginé aujourd'hui m'inquiète beaucoup: on a tous envie de sortir et de voir nos amis. Je crains qu'avec cette ouverture nous subissions une nouvelle vague. Nos médecins, à bout de souffle, ne pourront pas le supporter."
Cyrielle Cabot