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Débat présidentiel: ce que les candidats ont promis

Les candidats lors du débat.

Les candidats lors du débat. - Capture d'écran TF1

Cinq candidats à la présidentielle se confrontaient ce lundi soir sur le plateau de TF1 lors d'un premier débat avant le scrutin. Cinq candidats et donc cinq programmes avec leur lot de promesses.

"Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent". Cette maxime, tantôt attribuée à Charles Pasqua, tantôt à Jacques Chirac, est l’une des plus connues de la vie politique française. Le débat présidentiel de ce 20 mars diffusé par TF1 n’y a pas échappé. Pendant les près de 3 heures et 30 minutes de débat, les candidats ont égrené les promesses, partageant parfois certains avis, se divisant souvent. Mais toujours en assurant qu’une fois à l’Elysée, le quotidien des Français serait meilleur.

Les promesses de Marine Le Pen, c'est avant tout une affaire de référendums. Ainsi, elle propose la création d'un "référendum d'initiative populaire déclenché par 500.000 signatures de citoyens". Sur un tout autre sujet, elle a rappelé sa volonté d'organiser un référendum sur l'appartenance de la France aux institutions européennes si elle était élue. 

La présidente du Front national a aussi quelques promesses pour les institutions. Elle a suggéré ainsi de réduire le nombre de députés à 300 et celui des sénateurs à 200. La candidate a aussi fait quelques ouvertures économiques et sociales. Elle a promis d'avantager les entreprises françaises dans les commandes publiques mais aussi, dans un autre genre, d'augmenter l'allocation handicap de 20%. Elle a enfin évoqué son envie de porter le budget de l'armée à 2% du PIB hexagonal dès 2018. 

> Police, santé, éducation, Hamon promet des recrutements

Mais le principe d’une promesse qui fait plaisir à l’électeur est qu’elle n’est pas douloureuse. Le candidat socialiste s'est prononcé en faveur du "rétablissement de la police de proximité", via la création de "5.000 postes de gendarmes et de policiers". Il veut aussi la création de 1.500 maisons de santé, pour "lutter contre les déserts médicaux" ou porter à 2% du PIB les dépenses liées à la défense (contre 1,78% aujourd'hui).

Le candidat du Parti socialiste est aussi revenu sur des classiques de son programme, déjà défendus pendant la primaire organisée par le PS, comme l'instauration d'un revenu universel ou la mise en place d'un "49.3 citoyen".

C'est avant tout dans le champ politique que Jean-Luc Mélenchon, défenseur de la fondation d'une VIe République, entend d'abord faire bouger les lignes. Il a ainsi rappelé son envie de convoquer une Assemblée constituante pour écrire la feuille de route de la VIe République destinée à "abolir la monarchie présidentielle". Il a aussi évoqué sa volonté de mettre en place un droit de révoquer les élus en cours de mandat. Jean-Luc Mélenchon a aussi proposé de mettre dans cette nouvelle constitution le droit à l'IVG, à la contraception, à mourir dans la dignité ou encore la règle verte qui consiste à ne "pas prendre à la nature plus que ce qu'elle peut reconstituer". Il a aussi plaidé en faveur de l'instauration du vote dès 16 ans, un vote d'ailleurs rendu obligatoire. Les élus condamnés, quant à eux, se verraient frappés d'inégibilité à vie. 

Le leader de la "France insoumise" a réaffirmé sa conviction de la nécessité d'une sortie du nucléaire. Pour lui, l'écologie est un vivier d'emplois. Ainsi, il a fait montre de ses ambitions dans ce domaine en se disant capable de créer "300.000 emplois en mer, 300.000 emplois dans l'agriculture paysanne et 800.000 emplois dans la transition énergétique". Le candidat a aussi abordé l'idée d'une augmentation du Smic et d'un retour à la retraite à 60 ans à 40 annuités. Enfin, il a brossé le tableau de sa Sécurité sociale. Il la veut à même de rembourser 100% des dépenses de santé. 

> François Fillon porte son attention sur la police et la justice

Sur le social, le candidat de la droite et du centre a fait plus court. Il a évoqué sa volonté de "baisser les charges sur les salaires pour que les salaires directs soient plus élevés". Il a également indiqué son envie d'augmenter "les petites retraites et les pensions de réversion", mais via un passage à la retraite à 65 ans. Pour ce qui est de l'environnement, François Fillon a l'intention de "décarboner notre économie" afin de la rendre plus verte.

C'est dans les domaines policier et judiciaire que François Fillon s'est montré le plus prolixe. En les libérant de certaines tâches administratives, François Fillon a affirmé pouvoir remettre "5.000 policiers sur le terrain", et créer autant de postes. La police municipale deviendrait, avec lui, une "obligation" dans les villes de plus de 10.000 habitants. Le parlementaire parisien a déclaré sa volonté de construire 16.000 places de prison supplémentaires. 

> Emmanuel Macron axe ses engagements sur l'économie

Emmanuel Macron a élaboré une promesse à l'attention d'une part du corps enseignant. "Je veux que dans les zones prioritaires, on paye mieux les enseignants" et que ceux-ci perçoivent "3.000 euros net par an en plus". C'est sur l'économie que l'ancien ministre s'est cependant le plus avancé. Il a répété son envie d'exonérer 80% des foyers de la taxe d'habitation. Il a aussi évoqué une "baisse l'impôt sur les sociétés de 25%". 

En politique, il y est aussi allé de sa proposition traduisant une volonté de transparence: "Je veux rendre public tous les échanges tenus entre des lobbys ou des représentants de lobbys et des membres de cabinet ou du gouvernement", a-t-il expliqué. 

R.V.