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De Guaino à Villiers, le FN peine à  trouver des alliés

Marine Le Pen.

Marine Le Pen. - JEAN CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Contrairement aux autres principaux prétendants à l'Elysée, Marine Le Pen ne dispose que d'une faible réserve de voix pour triompher au second tour. Élargir sa base politique est un défi loin d'être gagné pour la présidente du Front national.

Serait-ce une impasse? Si Marine Le Pen est, à en croire les sondages, assurée de se qualifier au second tour de l'élection présidentielle, elle est également certaine de le perdre. C'est le fameux casse-tête du plafond de verre, auquel la candidate du Front national se heurterait pour réunir plus de 50% des voix.

Peu de transfuges chez Les Républicains

Réunir toutes les chapelles de l'extrême-droite et grignoter la frange des Républicains la plus dure sont donc des enjeux tactiques majeurs pour le Front national. Avec un hic: un désert s'étend devant Marine Le Pen. Certes, l'ancien député UMP Jérôme Rivière s'est rallié à elle, mais il est pour l'instant l'un des seuls à avoir succombé à l'opération séduction.

Même Charles Millon, pourtant précurseur en matière de rapprochement entre droite républicaine et Front national, a choisi de soutenir François Fillon. Le positionnement de ce dernier, ouvertement conservateur et proche des milieux catholiques traditionalistes, a de quoi retenir les tenants d'une droite dure qui seraient tentés de franchir le Rubicon.

Philippe De Villiers incertain

Marine Le Pen sera sur ses terres le 27 mars, mais le vendéen Philippe De Villiers dément dans L'Opinion être sur le point de faire un geste en faveur de Marine Le Pen: "Faux", "N'importe quoi!". Pourtant, le créateur du Puy du Fou, proche de Marion Maréchal-Le Pen, tenait selon le JDD des propos élogieux à l'égard de la présidente du Front national après son passage dans L'émission politique. "Elle a une carrure présidentielle", estimait le jeune retraité de la politique, "sa main ne tremblera pas lorsqu'il faudra prendre des décisions douloureuses". 

Dupont-Aignan et Guaino disent non

Qu'il s'agisse de Nicolas Dupont-Aignan ou d'Henri Guaino, les héritiers de Philippe Séguin présentent une fin de non-recevoir à Marine Le Pen. En lévitation depuis son coup de gueule et son départ du plateau de TF1, le candidat de Debout la France a nettement pris ses distances avec le Front national mardi, sur notre antenne. "Elle est patriote, mais nous n’avons pas le même projet de société", a-t-il affirmé.

L'ancienne plume de Nicolas Sarkozy, qui pourrait se laisser séduire par la ligne Philippot au sein du Front national, a répété sa position dans l'émission .Pol. Pourtant parrainé par Marine Le Pen dans sa course aux 500 signatures, Henri Guaino a été catégorique: "Mes relations avec le Front national, elles sont claires depuis toujours. Je ne gouvernerai pas avec le FN, je ne voterai pas pour Mme Le Pen, je n'adhérerai pas au FN."

Louis Nadau