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Darmanin appelle les journalistes à "se rapprocher" des autorités avant de couvrir des manifestations

Gérald Darmanin.

Gérald Darmanin. - Martin BUREAU / AFP

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a indiqué mercredi que les journalistes devraient désormais se signaler auprès des autorités lors de manifestations, avant de souligner qu'il n'y aurait pas "d'obligation".

Les journalistes "doivent se rapprocher des autorités" en amont des manifestations qu'ils veulent couvrir afin de pouvoir en "rendre compte" et "faire (leur) travail", a affirmé ce mercredi Gérald Darmanin, avant de préciser dans la soirée qu'il n'y avait "pas d'obligation".

Lors d'une conférence de presse consacrée à l'activité des forces de l'ordre, le ministre a été interrogé sur le cas d'un journaliste qui s'était plaint d'avoir été menacé d'être interpellé mardi lors de la dispersion de la manifestation organisée aux abords de l'Assemblée nationale contre la proposition de loi controversée sur la "sécurité globale".

Les journalistes "doivent se rapprocher des autorités"

"La manifestation était devenue illégale puisque dépassant l'horaire (prévu) et y compris des personnes qui étaient des journalistes devaient être dispersées", a souligné Gérald Darmanin.

Par ailleurs, ce journaliste ne s'était pas, en amont, "rapproché de la préfecture de police, contrairement à certains de ces collègues, pour couvrir cette manifestation", a ajouté le ministre de l'Intérieur.

Lorsqu'ils couvrent les manifestations, les journalistes "doivent se rapprocher des autorités, en l'occurrence les préfets de département, singulièrement ici le préfet de police de Paris, pour se signaler, pour être protégés par les forces de l'ordre, pour pouvoir rendre compte, faire son travail de journaliste dans les manifestations", a développé le ministre, s'appuyant sur le nouveau schéma du maintien de l'ordre (SNMO) publié en septembre.

"Pour éviter la confusion au moment d'une opération, le schéma national du maintien de l'ordre que j'ai présenté en septembre prévoit que les journalistes peuvent, sans en avoir l'obligation, prendre contact avec les préfectures en amont des manifestations", a précisé dans la soirée Gérald Darmanin dans un tweet.

"Un canal d'échange dédié"

S'agissant des manifestations, ce SNMO prévoit en effet "un canal d'échange dédié" entre les forces de l'ordre et "les journalistes, titulaires d'une carte de presse, accrédités auprès des autorités", sans le présenter comme obligatoire.

Cette disposition avait soulevé une fronde dans le monde de la presse, certains syndicats estimant qu'elle revenait à donner un "feu vert" aux forces de l'ordre pour empêcher les journalistes de faire leur métier lors des manifestations.²

Des syndicats de journalistes estiment par ailleurs aujourd'hui que le texte sur la "sécurité globale" fait peser une menace sur la liberté de la presse.

Plusieurs journalistes se sont également plaints mardi soir d'avoir été empêchés de filmer des interpellations et la dispersion de la manifestation achevée après des heurts avec les forces de l'ordre. L'un d'eux, employé de France Télévisions, a été arrêté lors de cette manifestation et placé en garde à vue avant d'être libéré mercredi, a dénoncé la direction du groupe audiovisuel dans un communiqué.

Ce journaliste a fait l'objet d'un rappel à la loi, la préfecture de police de Paris, faisant valoir en milieu de soirée dans un communiqué qu'il avait été placé en garde à vue pour "participation à un attroupement non armé, en application des règles de droit en vigueur".

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV