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Covid-19: faut-il tester tout le monde avant Noël?

Le groupe Les Républicains à l'Assemblée va proposer au gouvernement de mettre en place une campagne de dépistage massif du Covid-19 avant et après les fêtes de fin d'année. Une proposition qui divise autant la majorité parlementaire que les autorités sanitaires.

À moins d'un mois des fêtes de fin d'année, certains regrettent qu'un dépistage massif de la population ne soit pas mis en place par le gouvernement, pour pouvoir partir sereinement célébrer Noël et le Nouvel An en famille ou entre amis.

Selon nos informations, le groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale proposera jeudi au gouvernement de renforcer le dépistage contre le Covid-19 avant et après les fêtes de fin d'année, afin de casser les chaînes de contamination, de protéger les personnes à risque et d'éviter une éventuelle troisième vague.

L'exemple slovaque, une première mondiale

Cette proposition, qui sera faite dans le cadre d'une résolution dans la prochaine niche parlementaire, sera donc soumise au vote à l'Assemblée jeudi. Si elle était votée, le gouvernement serait alors invité à prendre une disposition réglementaire à ce sujet, sans que cela ne l'oblige pour autant à y donner suite.

Les Républicains soutiennent qu'une telle initiative a été couronnée de succès en Slovaquie. Là-bas, les deux tiers de la population ont été testés et seul 1% de la population s'est révélée positive. "En France, cela représenterait 600.000 personnes", autant de malades qui ne contamineraient pas leur entourage à Noël.

Le parti assure toutefois que cette vaste campagne ne serait pas rendue obligatoire, et que l'idée serait de s'appuyer au maximum sur les régions, à l'image de ce qui va être mis en place dans les prochains jours en Auvergne-Rhône-Alpes.

À la mi-novembre, le président de région Laurent Wauquiez avait annoncé qu'une vaste campagne de dépistage du Covid serait lancée dans la région quelques jours avant Noël, avec l'ouverture de 1000 centres de dépistage. Cette "immense opération logistique" devrait avoir lieu entre les 16 et 23 décembre, a indiqué Laurent Wauquiez, précisant qu'une première commande de deux millions de tests avait été passée.

Le "mass-testing" était également prôné, sur BFMTV à la mi-novembre, par le professeur Philippe Amouyel du CHU de Lille, qui proposait de tester massivement les porteurs asymptomatiques du Covid-19, en prévision des fêtes de fin d'année.

Ce type de campagne de dépistage a cependant des limites. Une personne testée négative au coronavirus le 14 décembre ne le sera pas nécessairement toujours le soir du 24 décembre, sauf si elle est restée isolée entre son test et Noël. Mais pour les Républicains, isoler des dizaines de milliers de malades pourrait être un moyen de faire baisser drastiquement le risque de clusters autour de la bûche le soir du Réveillon ainsi que le 25 décembre.

La majorité LaREM réservée sur la question

La majorité, elle, est divisée sur la question. Certains au sein du groupe LaREM jugent cette proposition "démagogique", et estiment que "tester 70 millions de personnes en quelques semaines n'est pas faisable", rappelant qu'il est désormais possible d'effectuer un test rapide, dit antigénique.

Mais selon nos informations, d'autres élus au sein de la majorité, notamment "Agir", y seraient plutôt favorables. L'un d'entre eux rappelle à BFMTV que le groupe avait déjà fait une proposition dans ce sens". Il défend que "cela permettrait de s’auto-protéger, de repérer des cas positifs qui s’ignorent", tout en répétant des messages de prévention avant les fêtes. 

Les autorités de santé sont quant à elles réservées sur l'efficacité de telles campagnes de dépistages. Le Conseil scientifique rappelle, dans une note récente, que "le bénéfice d'une telle opération n'est pas encore établi" et le ministre de la Santé Olivier Véran a exprimé à plusieurs reprises des réserves, notamment face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC le 17 novembre dernier, lorsqu'il avait été interrogé sur le dépistage promis par Laurent Wauquiez dans sa région. En revanche, le Conseil scientifique s'accorde à dire que des dépistages locaux pouraient être de bonnes expérimentations. Une opération de ce type est d'ailleurs envisagée dans la métropole lilloise.

Le service politique de BFMTV avec Jeanne Bulant