BFMTV

Coronavirus: tests obligatoires à l'arrivée en France pour les voyageurs venant de 16 pays à risque

En déplacement à l'aéroport de Roissy, Jean Castex a annoncé un durcissement des contrôles sanitaires dans les aéroports français, alors qu'une potentielle deuxième vague de Covid-19 est redoutée.

Le combat contre la propagation du coronavirus ne doit pas faiblir. C'est là le sens du déplacement de Jean Castex à Roissy ce vendredi. Flanqué de son ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, et de son ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, le chef du gouvernement a annoncé un durcissement des règles de filtrage des arrivées en France par voie aérienne et maritime.

Conformément aux décisions prises en Conseil de défense ce vendredi matin, Jean Castex a dessiné les contours du nouveau dispositif, qui concerne 16 pays (hors Union européenne) où la circulation virale est "particulièrement forte".

"Les voyageurs seront tenus de disposer d'un test attestant qu'ils ne sont pas porteurs du virus pour embarquer dans les avions correspondants. Nous savons que dans un certain nombre de ces pays, il n'existe pas de stratégie de dépistage et que, donc, l'accès aux tests est difficile. En conséquence de quoi, nous avons décidé de généraliser les tests à l'arrivée", a-t-il annoncé.

"3000 personnes testées par jour"

Le Premier ministre a rappelé en préambule que ce dispositif concernait les seuls citoyens français résidant dans ces pays ou des citoyens de ces pays disposant "d'une résidence stable en France". "Il ne s'agit donc pas de flux massifs", a-t-il ajouté.

Les 16 pays concernés sont les États-Unis, le Brésil, le Panama, le Pérou, Israël, la Turquie, la Serbie, l'Algérie, Madagascar, l'Afrique du Sud, l'Inde, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, Bahreïn, Oman et le Koweït.

La liste des 16 pays communiquée par Matignon ce vendredi.
La liste des 16 pays communiquée par Matignon ce vendredi. © BFMTV

Le dispositif sera opérationnel "dans les prochains jours, au plus tard le 1er août", a précisé Jean Castex. L'idée est de "permettre une séparation des flux", à savoir entre les formalités douanières et sanitaires. Les personnes dont le test s'avérera négatif pourront circuler librement sur le territoire.

Les autres feront l'objet d'une quatorzaine, "qui va permettre aux autorités sanitaires de les isoler, de les observer (...) jusqu'à ce que la situation redevienne normale". Le chef du gouvernement a annoncé que des mesures "analogues" seront mises en place dans l'ensemble des aéroports français accueillant des vols en provenance de ces 16 pays. Les ports seront également concernés.

"Pour Roissy-Charles-de-Gaulle, cela va représenter, selon nos estimations, un flux de l'ordre de 3000 personnes testées par jour", a-t-il précisé.

Quatorzaine en cas de test négatif

En clair, si une personne provenant des 16 pays concernés arrive sur le territoire sans disposer de test négatif, réalisé dans les 72 heures avant son voyage, il sera obligatoirement testé à son arrivée. Le test est effectué avec un écouvillon enfoncé dans le nasopharynx (le nez) et ses résultats tombent dans les 24 à 48 heures.

Si ce test s'avère positif, le préfet a le pouvoir de contraindre le ressortissant à une mesure de quatorzaine, soit à domicile si le voyageur en dispose sur le territoire français, soit un lieu dédié, par exemple un hôtel.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV