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Coronavirus: face à la situation sanitaire, l'exécutif veut "resserrer les boulons" pour la rentrée

Le gouvernement devait présenter son plan de relance à 100 milliards cette semaine, ça sera finalement la suivante.

Le gouvernement devait présenter son plan de relance à 100 milliards cette semaine, ça sera finalement la suivante. - Brightcove

L'exécutif a reporté d'une semaine la présentation du plan de relance post-Covid pour se concentrer sur la situation sanitaire, qui se dégrade dans le pays.

"Devoir vivre avec le virus" mais sans "mettre le pays à l'arrêt": le chef de l'État a fixé le cadre alors que les vacances se terminent dans un climat anxiogène. Emmanuel Macron et le gouvernement abordent cette semaine une rentrée rendue particulièrement délicate par l'impératif de maîtriser la reprise de l'épidémie de Covid-19 afin qu'elle ne menace pas la relance économique, l'autre priorité de l'exécutif.

Pour "faire les choses dans le bon ordre", le gouvernement a décidé de décaler d'une semaine la présentation du plan de relance de 100 milliards d'euros, initialement prévue mardi.

Cette semaine, "nous devons veiller à définir et mettre en place toutes les règles nécessaires pour que la rentrée puisse se dérouler dans les meilleures conditions. Cette lisibilité est nécessaire à la relance", a justifié dans le JDD le ministre de la Santé Olivier Véran, qui juge la rentrée "à risque".

Car la situation sanitaire continue de se dégrader en France: 4897 nouveaux diagnostics positifs ont été enregistrés ce dimanche, contre 3602 samedi.

"Il s’agissait surtout de ne pas brouiller les messages, de ne pas paraître décalés. Comme si les Français n’étaient pas capables de comprendre deux choses à la fois, de l’économie et du sanitaire. Comme si l'exécutif choisissait peut-être d’en faire un peu trop pour ne pas être accusé après de ne pas en avoir fait assez", analyse Matthieu Croissandeau, éditorialiste politique de BFMTV.

"Garantir la sécurité sanitaire"

Du côté de l'exécutif, on assure que le plan de relance est prêt. "Que les mesures soient annoncées la semaine prochaine, dans 10 jours ou dans 15 jours, ou qu'elles soient annoncées maintenant ne change rien au fait qu'elles seront adoptées d'ici la fin de l'année pour être mises en oeuvre au début de l'année prochaine", a assuré Bruno Le Maire sur RTL ce lundi matin.

"Le président de la République et le Premier ministre ont estimé, et ils ont raison, qu'il fallait resserrer un certain nombre de boulons en cette rentrée pour garantir la sécurité sanitaire. C'est ce qui va être fait dans les prochains jours", a expliqué le ministre de l'Économie.

De nouvelles annonces mercredi?

Pour cela, Emmanuel Macron présidera mardi un conseil de défense qui fera le point sur l'évolution de l'épidémie et les différents protocoles sanitaires mis en place dans les entreprises, les établissements scolaires, les transports mais aussi pour les manifestations sportives ou culturelles. Puis ces mesures seront de nouveau au menu du conseil des ministres mercredi avant d'être expliquées et détaillées aux Français, probablement par le Premier ministre Jean Castex, qui doit faire sa rentrée médiatique le jour-même sur France Inter.

Ces derniers jours se sont déjà succédé les annonces de nouvelles mesures contraignantes, essentiellement centrées sur le port du masque. Qui est désormais obligatoire dans la plupart des grandes villes et va le devenir dans les entreprises, collèges et lycées à partir du 1er septembre.

Pour les entreprises, "le protocole sera en mis en ligne au plus tard lundi prochain" a détaillé Elisabeth Borne sur Europe 1 ce lundi matin. "Il faut faire confiance aux entreprises, au partenaires sociaux, qui sont bien conscients que c’est la reprise qui se joue", a expliqué la ministre du Travail, sans toutefois préciser la nature des sanctions en cas de non-respect des règles sanitaires.

Camille Sarazin avec AFP