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Convention pour le climat: Macron favorable à la tenue d'un référendum en 2021

Emmanuel Macron, le 29 juin 2020 à l'Elysée

Emmanuel Macron, le 29 juin 2020 à l'Elysée - BFMTV

Face aux membres de la Convention citoyenne pour le climat, réunis dans le jardin de l'Elysée, le chef de l'État a annoncé lundi la révision de la Constitution via la tenue d'un référendum.

C'est sa première réponse institutionnelle à la vague verte des municipales, ainsi qu'aux propositions de la Convention citoyenne sur le climat. Ce lundi, devant les 150 membres de cette instance, Emmanuel Macron a annoncé qu'il était favorable au lancement d'un processus qui pourrait aboutir d'ici "fin 2021" à un référendum portant sur des modifications de la Constitution. Discourant dans les jardins de l'Elysée devant les membres de cette assemblée tirée au sort, fondée dans la foulée du "grand débat", le président de la République a posé: "Vous avez proposé de présenter à référendum trois modifications fortes de la Constitution".

Horizon 2021

Rappelant entre autres, que le texte fondateur de la Ve République la décrivait désormais comme "sociale", il a observé: "Il était légitime de penser à y inscrire l’écologie à son tour". "Vous proposez de réécrire l’article premier et d’y mettre la lutte contre le changement climatique et la biodiversité, j’y suis favorable", a-t-il affirmé. Il a alors fixé une feuille de route: "Je proposerai un texte au Parlement en vue d’un référendum d’ici fin 2021 si le vote des chambres est conforme".

Il a martelé cette intention quelques instants plus tard, évoquant un "référendum dès 2021 sur la base de l’article 11 sur un ou plusieurs textes reprenant vos propositions." Sans aller plus avant, il a émis l'hypothèse d'un référendum articulé autour de plusieurs questions. Toujours au chapitre des réécritures, il a porté son propos sur la volonté de la Convention pour le climat de forger un crime d'"écocide":

Sur la création d’un crime d’écocide, je pense que c’est une notion extrêmement structurante. Il faut inscrire ce terme dans le droit international pour que les dirigeants qui faillissent délibérément dans la protection de l’environnement rendent compte devant la communauté internationale."

Réserves

Quant à en faire un outil de la législation française, le chef de l'Etat temporise, assurant qu'il souhaite l'inscrire dans notre droit... après qu'on aura trouvé une formule plus satisfaisante. Cependant, Emmanuel Macron, qui s'était réservé le droit d'opposer quelques jokers aux propositions - au nombre de 149 finalement - de la Convention pour le climat, a rejeté tout net l'idée de modifier le préambule de la constitution, via référendum:

Vous proposez de réécrire le préambule de la constitution en mettant l’écologie au-dessus de nos valeurs. Or, telle que proposée la rédaction risque de placer la protection de l’environnement au-dessus de nos libertés publiques, c’est pourquoi je ne souhaite pas la reprendre."

"Nous considérons que défendre la nature est un de nos devoirs en tant que homme au sens générique du terme. Il ne faut donc pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains", a-t-il complété.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV