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Conflit israélo-palestinien: Villepin préconise "d'imposer la paix" par "une mission de l'ONU"

Dominique de Villepin, ex-Premier ministre, le 24 juillet 2014.

Dominique de Villepin, ex-Premier ministre, le 24 juillet 2014. - -

Invité de BFMTV/RMC, l'ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, qui avait pendant la seconde présidence de Jacques Chirac dit non à la guerre en Irak de 2003, commente l'actualité.

"Le 'vivre ensemble' est menacé. Il y a un rêve extrémiste dans notre pays, le rêve d'emprisonner chacun dans son identité", a analysé l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, invité jeudi de BMFTV/RMC et répondant aux questions d'Apolline de Malherbe.

Evoquant les manifestations propalestiniennes, l'ancien Premier ministre et Président du parti République solidaire a rappelé que si "c'est la responsabilité de l'Etat de garantir la liberté de manifester, la fermeté est indispensable (…) quand il y a des actes, des paroles antisémites qui sont inacceptables, comme les actes islamophobes". L'ancien ministre, prenant soin de ne pas citer le Front national, critique notamment l'action et le discours d'"Alain Soral" et "de groupuscules plus ou moins identifiés".

# Une réponse d'Israël "disproportionnée"

Concernant le conflit israélo-palestinien, Dominique de Villepin juge "la réponse d'Israël disproportionnée" et étaye son propos en rappelant le nombre de morts de chaque côté.

Selon lui, "le dôme de fer" et d'autres mesures de rétorsion ne participe pas à un mouvement vers la paix. "Nous devons prendre conscience que les négociations pour la paix ont échoué", reconnaît l'ancien ministre des Affaires étrangères qui pointe une certaine "hypocrisie" des pourparlers actuels, notamment américains, pour l'obtention d'un cessez-le-feu, même s'ils constituent un minimum.

Selon lui, "il ne reste qu'une solution: un plan de paix imposé aux deux parties", grâce à un "mandat des Nations Unies sur la Palestine". Une action qui exigerait aussi, précise-t-il, le "déploiement de Casques bleus", pour sortir "de cette confrontation entre le Hamas et Israël". "Que la communauté internationale assume sa responsabilité vis-à-vis de ce territoire", a-t-il exhorté.

Le Haut commissaire aux Droits de l'homme aux Nations Unies, Navi Pillay, a d'ailleurs mercredi, soupçonné publiquement l'Etat Hébreu de "possibles crimes de guerre" perpétrés contre les Palestiniens à Gaza. Une enquête devrait être menée prochainement a aussi indiqué l'organisation internationale.

# Sur les chrétiens d'Irak

"Nous sommes dans un monde qui est obsédé par la pureté identitaire", lance Dominique de Villepin. Concernant les chrétiens d'Irak, il juge que "la diplomatie ne doit pas se contenter de paroles, mais passer aux actes". "Nous avons besoin d'une initiative européenne pour appuyer les initiatives de la diplomatie française", assure-t-il encore.

Déjà, mercredi, sur notre antenne, Michèle Alliot-Marie avait plaidé la cause de ces chrétiens "menacés de mort" en Irak.

# Sur la moralisation de la vie politique et Nicolas Sarkozy

"C'est un progrès, mais il ne faut pas être dupes face à l'hypocrisie humaine", a déclaré Dominique de Villepin concernant la mise en oeuvre de la loi sur la transparence de la vie publique. Ce jeudi, les parlementaires doivent rendre leur déclarations de patrimoine publiques, conformément au plan de moralisation de la vie publique.

Concernant son propre destin, sa carrière, Dominique de Villepin assure: "Je ne veux pas de poste". Son jugement est plus sévère concernant l'UMP. Il a rappelé que l'UMP "avait plus que jamais le devoir d'assumer sa tâche et son rôle", déclarant qu'"une opposition en ordre dispersé, un opposition 'non proposante'" était "un coup pour la démocratie française". Il juge aussi les rivalités personnelles "ridicules et dérisoires au vu de l'actualité".

A propos de Nicolas Sarkozy dont il a été longtemps l'un des plus fervents rivaux, il a salué "le talent" de l'ancien président, quand bien même celui-ci est mis en examen. Sur son soutien plutôt récent envers l'ancien président, il "assume" et assure encore "n'avoir pas de rancoeur" et savoir "comme Chaban Delmas (...) tendre la main et dépasser les petites querelles".

David Namias