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Alliot-Marie sur les crises à l'UMP: "Il y a des fessées qui se perdent, parfois"

Michèle Alliot-Marie, sur BFMTV/RMC, le 23 juillet 2014.

Michèle Alliot-Marie, sur BFMTV/RMC, le 23 juillet 2014. - -

Crises à répétition au sein de son parti, manifestations qui dérapent, l'eurodéputée et vice-présidente du Conseil national de l'UMP a matière à commenter l'actualité, ce mercredi.

"Le gouvernement n'a pas pris les moyens de faire respecter sa décision, ce qui porte atteinte à son autorité et à son image", a jugé mercredi Michèle Alliot Marie sur BMFTV/RMC, évoquant des manifestations propalestiniennes interdites. L'eurodéputée et vice-présidente du Conseil national de l'UMP explique, faisant référence aux débordements qui ont eu lieu à Paris et à Sarcelles, qu'"il y a une liberté d'expression dans notre pays, mais il faut que le but de la manifestation soit légal".

Selon elle, l'interdiction n'était donc pas forcément la bonne méthode même s'il est "difficile d'avoir une opinion" si on n'est pas en responsabilité. Elle rappelle aussi que, pour sa part, qu'"elle n'avait (du temps où elle était ministre de l'Intérieur) interdit aucune manifestation."

# Sur les peines infligées aux casseurs lors de manifestations

L'ancienne ministre de l'Intérieur et de la Justice a jugé les peines infligées aux casseurs "insuffisantes". "J'aurais sans doute fait appel pour avoir des condamnations plus importantes, parce qu'il ne faut pas oublier qu'une a pour but de sanctionner, mais c'est également un élément de la dissuasion", indique-t-elle.

"Vous avez des gens qui savent qu'ils peuvent aller casser, qu'il peuvent aller prononcer des termes tels que 'Mort aux juifs', qu'ils peuvent aller piller des magasins en ayant de la prison avec sursis, ce n'est pas une incitation à la retenue", a-t-elle continué. Mais elle rappelle également qu'elle "n'est pas juge".

# Sur la montée des extrémismes religieux

L'ancienne ministre des Affaires étrangères a jugé que sur la question du conflit israélo-palestinien, la France pouvait faire plus et qu'elle était "avec l'Europe", "très en retrait".

Concernant les chrétiens d'Irak, la ministre a rappelé qu'il fallait "les soutenir et exprimer notre solidarité". "Il ne faut pas abandonner les chrétiens d'Orient", déclare-t-elle, rappelant qu'ils sont "depuis des mois sous une menace de mort".

"Il y a un certain nombre de pays avec des groupes intégristes qui veulent avoir des pays qui soient monoreligieux, c'est à dire qu'il veulent avoir des Etats avec une seule religion, d'où on a chassé tout le monde", analyse Michèle Alliot-Marie. "Depuis 2001 et l'attaque des Twin Towers, vous avez des gens qui souhaitent une guerre entre le monde musulman et le monde occidental", analyse encore l'ancienne ministre des Affaires étrangères.

# Sur les crises à répétition de l'UMP

"Le bout du tunnel ne peut passer que par les militants", dit la vice-présidente qui rappelle qu'elle a repris le RPR, il y a des années, qui se trouvait dans une "situation similaire". "Nos militants sont attachés à leurs valeurs et ils ont envie de les défendre".

Sans vouloir commenter les frais engagés par les uns et les autres, notamment les dépenses d'avion de François Fillon (300.000 euros remboursés en 2009 et 2010 selon Valeurs Actuelles), Michèle Alliot Marie juge que "la moitié des problèmes financiers (de son parti) sont dus au fait qu'on a emprunté pour devenir propriétaire d'un siège", alors que "nous avions un siège qui était pratiquement payé". Selon elle, vente du siège du Parti rue de la Boétie s'est réalisée pour "des raisons psychologiques, d'ego de certains de ces messieurs" ou encore "par pêcher d'orgueil".

Concernant les rivalités internes du parti: "Il faut faire passer les egos de côté (...) il ya des fessées qui se perdent parfois", avance-t-elle. "Vous ne pensez pas qu'il y a autre chose à faire que de s'occuper de savoir qui va être président".

# Sur Jacques Chirac

"La France avait une autre écoute du temps de Jacques Chirac", a jugé Michèle Alliot-Marie, plus chiraquienne que jamais. Quant à savoir si François Hollande s'inspirait de l'ancien président, l'ancienne ministre répond qu'elle "ne le pense pas".

David Namias