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Condamnation dans l'affaire des écoutes: Nicolas Sarkozy plombé dans les sondages

Nicolas Sarkozy lors du 20 h de TF1, le 3 mars 2021 à Boulogne Billancourt dans les Hauts-de-Seine

Nicolas Sarkozy lors du 20 h de TF1, le 3 mars 2021 à Boulogne Billancourt dans les Hauts-de-Seine - Ludovic MARIN © 2019 AFP

L'ex-président pâtit de ses récents déboires judiciaires dans l'affaire des "écoutes".

Il ne s'est fallu que peu de temps pour que les choses s'effritent. Dans le dernier baromètre mensuel de l'institut Ifop publié mardi sur le site de Paris Match, deux personnalités politiques accusent le coup par rapport au mois précédent. Nicolas Sarkozy et Anne Hidalgo, d'ordinaire plutôt habitués à des classements flatteurs dans ce type de sondage, ont chuté de plusieurs places en l'espace d'une semaine.

Pour l'ancien chef de l'État, qui a déployé une riposte médiatique tonitruante pour dénoncer sa condamnation à de la prison ferme dans l'affaire des écoutes, cette chute se traduit par une perte de 10 points dans le total des bonnes opinions. Il en est désormais crédité de 41% et passe ainsi de la 6ème à la 15ème place dans ce classement de l'Ifop. Cette évolution s'ajoute au sondage paru dans Le Journal du Dimanche, d'après lequel une majorité de Français (62%) estiment que les politiques sont traités moins sévèrement par la justice que les simples citoyens.

Erreur de com'

La maire de Paris, elle, pâtit de ses erreurs de communication sur la stratégie déployée dans la capitale contre l'épidémie de Covid-19. Depuis le 25 février, jour où son premier adjoint Emmanuel Grégoire a annoncé que la mairie demanderait un confinement strict de Paris pour une durée de trois semaines, Anne Hidalgo n'a eu de cesse de rétropédaler, et plus ou moins adroitement.

Résultat, celle que la gauche social-démocrate et une partie des écologistes veulent voir candidater à l'élection présidentielle en leur nom, perd 6 points de popularité. Créditée de 40% de bonnes opinions dans Paris Match, l'édile socialiste est passée de la 11ème à la 18ème place en l'espace d'un mois.

Droite en convalescence

À défaut d'être annonciateur d'une tendance de long terme pour ces deux poids lourds politiques, qui nourrissent par ailleurs de bonnes relations personnelles, ce baromètre peut servir d'indicateur pour leurs entourages respectifs.

S'agissant de Nicolas Sarkozy, qui a définitivement exclu tout retour lors de la campagne présidentielle de 2022, le moindre affaissement dans les sondages est scruté par son camp, en profonde convalescence depuis l'échec de François Fillon en 2017. Certains caciques Républicains vont jusqu'à reconnaître - sous couvert d'anonymat - que les déboires judiciaires de l'ancien locataire de l'Elysée permettrait à la droite d'avancer.

Pour Anne Hidalgo, le danger est plus immédiat. Dans le baromètre de l'Ifop, la maire de Paris perd notamment du crédit auprès des jeunes (-6), des sympathisants de la République en marche (-12) et des Républicains (-9). Elle se maintient à gauche (-2), ce qui représente l'essentiel pour une figure qui aspire éventuellement à réunir plusieurs partis sous sa bannière. D'où son initiative mise en ordre de bataille, détaillée mardi par La Lettre A, qui inclut d'imminents déplacements hors de la capitale, dans des fiefs tenus par la gauche.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV