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Cahuzac : le PS soulagé par sa démission

Jérôme Cahuzac, alors qu'il était encore ministre du Budget.

Jérôme Cahuzac, alors qu'il était encore ministre du Budget. - -

Jérôme Cahuzac a annoncé ce mardi lors d'une interview exclusive sur RMC et BFMTV, qu'il renonçait à son siège de député. Le président socialiste de l'Assemblée, Claude Bartolone s'est réjoui de cette décision. La droite la trouve « logique ».

L'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac a annoncé mardi lors de l’entretien exclusif accordé à RMC et BFMTV, qu'il renonçait à son siège de député, 15 jours après avoir provoqué une crise politique en avouant détenir un compte à l'étranger.
Contraint de quitter le gouvernement après l'ouverture d'une information judiciaire, Jérôme Cahuzac, 61 ans, était autorisé par la loi à reprendre son siège dans un délai d'un mois à compter de sa démission, c'est-à-dire d'ici au 19 avril. Mais le président François Hollande, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la plupart des dirigeants socialistes l'ont enjoint d'y renoncer, jugeant un tel retour inconcevable et indécent après la tourmente provoquée par ses aveux.

Bartolone « heureux » de la décision de Cahuzac

A gauche, la tonalité générale était au soulagement après l'interview de l'ancien ministre.Le président socialiste de l'Assemblée nationale a ainsi déclaré à Reuters qu'il était « heureux » que Jérôme Cahuzac ait pris une décision qui respecte le Parlement, « ses collègues à qui il avait menti » et la démocratie. « Je pense que c'est une position juste qui était la seule qui pouvait lui permettre à lui aussi d'être confronté à la justice et de se reconstruire », a ajouté Claude Bartolone.
Un porte-parole du PS, Thierry Mandon, a salué « l'heureuse confirmation de ce qui reste d'honneur à Jérôme Cahuzac (...) et peut-être un soutien à un gouvernement qu'il a trahi ». Mais il y a aussi vu « la confession d'un homme brisé » auquel il a souhaité assez de force de caractère pour se reconstruire.

« Logique et de bon sens »

A droite, le député Thierry Mariani a estimé que la décision de l'ex-ministre était « la seule réaction compréhensible pour tous les Français » et une bonne nouvelle pour le PS, qui évite d'être confronté dans l'hémicycle à un « reproche permanent ». Eric Ciotti, autre député UMP, a jugé « logique et de bon sens » la décision de Jérôme Cahuzac, qui « n'a pas rajouté l'indignité à la culpabilité ».
L'un des deux députés du Front national, Gilbert Collard, a en revanche regretté cette décision sur le mode provocateur. « J'aurais bien aimé qu'il vienne, ça aurait fait de l'animation », a-t-il dit dans les couloirs de l'Assemblée. « Peut-être qu'il aurait pu parler, faire en sorte que la moralisation de la vie politique passe aussi par les explications qu'il pourrait nous donner sur ses 35 ans de présence au Parti socialiste et sur son activité politique ».

Philippe Gril avec Reuters