BFMTV

Bruno Julliard pointe une "exécution défaillante" à la mairie de Paris

Anne Hidalgo et Bruno Julliard

Anne Hidalgo et Bruno Julliard - JOËL SAGET / AFP

Bruno Julliard dénonce un manque de rigueur et une forme de "sectarisme" dans la gouvernance d'Anne Hidalgo.

La charge est lourde. Dans une lettre adressée aux élus parisiens, le premier adjoint démissionnaire d'Anne Hidalgo, Bruno Julliard, détaille ses désaccords avec la maire de Paris

"Si l’orientation générale est la bonne, l’exécution est défaillante", déplore Bruno Julliard.

L'ancien second d'Anne Hidalgo, qui reconnaît néanmoins des "réussites incontestables", pointe un "déficit d’efficacité" dans la gouvernance de l'hôtel de ville, et regrette, estimant que "les approximations ou erreurs ne m’apparaissent pas être considérées à leur juste gravité", une forme d'aveuglement à la tête de la municipalité.

Point par point, Bruno Julliard s'alarme du "manque d’attention portée à la qualité de l’espace public, [d]es décisions précipitées engendrant de sérieux risques juridiques, [du] défaut de suivi de certaines infrastructures majeures", ou encore de "l’absence de priorisation et de constance dans les décisions prises".

"Sectarisme et autoritarisme"

La suite de la missive ressert encore la critique autour de la gouvernance et de la personnalité d'Anne Hidalgo. Bruno Julliard estime que la maire a perdu de vue "le souci de l’unité des Parisiens".

"Alors que les inévitables crispations générées par nos choix, notamment en matière de transports, nécessitent humilité, compréhension et pédagogie, il a à l’inverse été opposé une forme de repli sur soi et de fermeture. (...) Cette posture en surplomb a conduit à transformer un volontarisme en sectarisme et autoritarisme", écrit l'ancien premier adjoint.

Au détour d'une phrase, Bruno Julliard laisse poindre son amertume, confiant que "le redressement nécessiterait des inflexions que je ne peux parvenir à entraîner, pas même à suggérer". Et de conclure, dans une profession de foi très "macron-compatible", "qu' il faudra aux progressistes des alliances" pour l'élection municipale de 2020. "Je suis convaincu que la future majorité doit trouver son cœur au centre-gauche", affirme Bruno Julliard, qui assure que "son choix ne répond à aucune stratégie personnelle ou plan prédéfini".

dossier :

Anne Hidalgo

Louis Nadau