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Beaucaire: des commerçants musulmans portent plainte contre le maire FN

Le maire de Beaucaire, Julien Sanchez

Le maire de Beaucaire, Julien Sanchez - Pascal Guyot-AFP

A Beaucaire, des commerçants musulmans attaquent le maire FN en justice: ils lui reprochent d'avoir ordonné la fermeture de commerces la nuit. Une mesure qu'ils jugent "discriminatoire". L'édile, quant à lui, affirme défendre la "tranquillité" des habitants.

Julien Sanchez a-t-il pris des arrêtés "discriminatoires"? C'est en tout cas ce que reprochent des commerçants musulmans au maire Front national de Beaucaire, dans le Gard, qui ont porté plainte contre lui, pour avoir ordonné la fermeture de magasins dans certains quartiers de la ville pendant la nuit. 

Dans un premier arrêté, daté du 16 juin, la décision a été prise d'interdire "l'exercice professionnel de toutes les épiceries, primeurs, et commerce de distribution de 23h à 08h" dans un périmètre "délimité du centre-ville". Un deuxième arrêté daté du 17 juin interdit "à tous les commerces" de travailler de 23h à 05h dans deux rues de la ville.

La période visée jugée "discriminatoire" 

La citation à comparaître dénonce principalement la période visée par les arrêtés, qui court jusqu'au 31 octobre, "couvre la période du ramadan, et qui représente l'activité commerciale la plus importante pour les commerçants".

"Les mesures prises par ce maire (FN) visent à asphyxier l'activité économique de ces commerçants, en raison de leur appartenance à la religion musulmane", accuse Abdallah Zekri, président de l'Observatoire national contre l'islamophobie, au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui s'est constitué partie civile dans cette affaire. 

Une question de "tranquillité" selon le maire

Invité à s'exprimer sur le sujet par l'AFP, le maire Julien Sanchez s'est dit "très serein sur cette affaire", précisant qu'il ne s'agissait que de "garantir la tranquillité des habitants en terme de bruit ou d'alcool". Celui-ci a reçu le soutien de tous les ténors du Front national, dénonçant un acharnement contre une mesure qui n'est, selon eux, qu'une affaire d'ordre et de tranquillité publics.

S. Ac.