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Bayrou : « J’ai dit à N. Sarkozy qu’il faut entendre ce qu’il se passe »

Le président du Modem, François Bayrou, invité de Bourdin Direct sur RMC ce jeudi.

Le président du Modem, François Bayrou, invité de Bourdin Direct sur RMC ce jeudi. - -

Le président du Modem, François Bayrou, invité de Bourdin Direct ce jeudi matin sur RMC, évoque son entretien avec le président de la République à l'Elysée, hier, mercredi.

Le président du Mouvement Démocrate (MoDem), François Bayrou, invité de Bourdin Direct sur RMC et BFM TV ce jeudi matin, a évoqué sa troisième visite à l'Elysée depuis le début de l'année. Il est plus particulièrement revenu sur la proposition qu'il a faite à Nicolas Sarkozy sur les retraites.

Bayrou pour que «l’on repasse le texte sur la situation des 65-67 ans en 2016»

Le président du MoDem juge discutable le passage de 65 à 67 ans de l’âge de la retraite sans décote. Il serait juste et équitable, selon lui, de renégocier cette disposition en 2016. Il a soumis cette idée, hier, mercredi, au chef de l’Etat :« Désormais, il faudrait qu’un pas soit fait, et qu’un geste soit fait, sans remettre en cause la réforme. Sur cette borne d’âge des 67 ans, il existe un geste simple, qui peut être fait, que Monsieur Chérèque a depuis longtemps avancé. La loi dit que comme on commence à changer la situation des gens qui ont 60 ans, on ne commencera à changer la situation des gens qui ont 65 ans qu’à partir de 2016. Est-ce qu’on ne peut pas dire qu’avant la mise en place de cette mesure - ça ne coûte rien, ça ne change pas l’équilibre de la réforme - on aura une nouvelle délibération pour savoir s’il est légitime et normal que l’on fasse bouger la situation des plus de 65 ans. On se met tous autour d’une table, on repasse le texte sur la situation des 65-67 ans en 2016, avant qu’il ne commence à s’appliquer... Ce n’est pas la première fois qu’il faut évoquer une telle idée. Ça ne remet pas en cause l’équilibre de la réforme, ça ne remet pas en cause les dispositions qui vont entrer en vigueur à partir de 2011, ça fait un geste en disant ’’d’ici 2016 on va voir si on trouve d’autres moyens pour la situation des plus petites retraites, les retraites incomplètes’’… C’est un geste indispensable.»

«Nicolas Sarkozy a choisi d’avoir l’attitude la plus inflexible»

En réponse à cela, « Nicolas Sarkozy a choisi d’avoir l’attitude la plus inflexible de manière à apparaître comme le vainqueur de l’épreuve de force. Il a dit ça avec nuance » précise François Bayrou, avant de poursuivre : « Pour l’instant, la position que le gouvernement a choisi, c’est de ne plus bouger sur le texte et le vote… C’est, selon moi, manquer de sensibilité à l’égard de ce qui se passe à l’intérieur du pays. Cette réforme est vitale mais dans cette réforme, il y a des dispositions qui ne correspondent pas à l’idée qu’on peut se faire de l’équité. »

«Les responsables syndicaux ont multiplié les signes» de sortie de crise

« Je pense qu’il n’est pas bon dans un pays d’être en situation de surdité réciproque, de blocage… Je crois que les responsables syndicaux, les plus grands, sont prêts. Ils ont multiplié les signes en disant ’’Aidez-nous à en sortir’’, parce qu’un mouvement qui pourrit est un mouvement dangereux. Cette fermentation est dangereuse à long terme. Et un geste aujourd’hui serait, me semble-t-il, possible, sans que cela remette en cause l’essentiel. C’est pour ça que j’ai dit à Nicolas Sarkozy ’’Il faut entendre ce qu’il se passe’’ » conclue François Bayrou.

Pour retrouver l'intégralité du podcast de l'interview de François Bayrou chez Jean-Jacques Bourdin, cliquez ici.

bourdinandco