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Ayrault : « Une vraie régression sociale »

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Le président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale et député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault est revenu sur la loi sur le temps de travail.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée et député-maire de Nantes, a évoqué mercredi 9 juillet le « détricotage » des 35 heures par le gouvernement : « La manière dont le gouvernement s'y est pris a divisé les syndicats, puisqu'il y avait eu un accord sur la question de la représentativité et ça devait passer à l'Assemblée Nationale de façon plutôt consensuelle, et le Gouvernement a rajouté des articles sur le temps de travail, pour éliminer définitivement les 35 heures, les RTT. Ca a donc conduit à une division entre syndicats, ca a affaibli le mouvement mais je pense aussi que c'est tellement compliqué à expliquer, cette réforme du gouvernement, que c'est seulement maintenant, que les médias en parlent ».

« Vous nous reprochez de ne pas avoir fait assez, vous avez le droit, mais la bataille que nous avons mené, notamment la semaine dernière, sur la réduction du temps de travail remise en cause, il n'y a eu quasiment aucun écho de presse. On s'intéresse beaucoup plus aux petites phrases...C'est seulement maintenant que le texte est voté, qu'on comprend enfin, en prenant l'exemple du fameux forfait temps pour les cadres, qui va s'élargir à d'autres salariés, qu'on veut diminuer le temps de repos, le temps de récupération, les jours fériés, et que pour certains cadres on pourra travailler jusqu'à 283 jours par an. Ca ne se négociera pas avec un accord collectif, ça sera de gré à gré, le chef d'entreprise avec son salarié, qui sans doute n'aura pas le choix que d'accepter. Donc on va vers une vraie régression sociale et je comprends pourquoi le syndicat des cadres a engagé une action, y compris une action en justice ».

« Il y a un an, M. Sarkozy a fait voté à l'Assemblée Nationale une loi sur les heures supplémentaires pour les défiscaliser en disant qu'elles seraient payées 25% supplémentaires. Maintenant on parle de 10% supplémentaires. Ca coûte très cher aux finances publiques ces défiscalisations d'heures supplémentaires à plus de 25%. Derrière, compte tenu de la gravité des finances publiques, ce qui est en train de se préparer, c'est le retour en arrière, y compris sur les 25% de plus sur les heures supplémentaires sur l'ensemble des salariés ».

La rédaction-Bourdin & Co