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Ayrault : un retour de Cahuzac à l'Assemblée serait « d'une indécence terrible »

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Jean-Marc Ayrault a estimé vendredi matin qu'un retour à l'Assemblée nationale de l'ancien ministre Jérôme Cahuzac, mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, serait « d'une indécence terrible ».

Cahuzac hésite. Ayrault tranche. Jérôme Cahuzac doit dire avant vendredi prochain, 19 mars, s'il retourne sur les bancs de l'Assemblée à son poste de député de la 3e circonscription du Lot-et-Garonne. Et ce vendredi matin sur RTL, le Premier ministre, tout comme le chef de l’Etat et plusieurs autres personnalités de la majorité, s’y oppose clairement : « Je dis franchement que pour l'honneur de la République, et son honneur à lui s'il en a, ça serait d'une indécence terrible qu'il remette les pieds à l'Assemblée nationale », a dit Jean-Marc Ayrault. Il a aussi réaffirmé avoir demandé à Jérôme Cahuzac de renoncer « par décence » aux six mois de traitement auxquels ont droit les anciens ministres après leur départ au gouvernement. « Pour l'instant, je n'ai pas sa réponse », a-t-il ajouté.
Le projet de loi sur la moralisation de la vie politique, qui sera présenté le 24 avril en Conseil des ministres, prévoit une réforme de la loi de 1958 qui régit ce système d'indemnisation des anciens membres du gouvernement.

« Moscovici n'avait pas d'information »

Le Premier ministre a par ailleurs affirmé que son ministre de l'Economie Pierre Moscovici « n'avait pas d'information » en décembre sur l'existence d'un compte caché de Jérôme Cahuzac à l'étranger. « J'ai demandé à Pierre Moscovici au mois de décembre quelles étaient les informations dont il disposait, il a dit exactement ce qu'il a dit à l'Assemblée nationale, aux journalistes, aux présidents des commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat : il n'avait pas d'information », a assuré le Premier ministre.
Interrogé sur l'envoi d'une mission en Suisse pour enquêter sur un éventuel compte, comme le sous-entendait jeudi l'hebdomadaire Valeurs actuelles, il a répondu : « à ma connaissance, non ». Quant à savoir si Pierre Moscovici a « instrumentalisé l'administration fiscale », Jean-Marc Ayrault a ajouté : « je ne le crois pas un seul instant ». « Quand il y a eu cet article de Mediapart (...), j'ai posé les questions à Pierre Moscovici qui n'avait pas d'information et, le 5 décembre, Jérôme Cahuzac s'exprime devant l'Assemblée nationale dans les termes que vous savez et vous-même vous avez réagi comme nous : quelqu'un qui parle dans un lieu pareil, c'est qu'il dit la vérité », a expliqué le chef du gouvernement. Interrogé sur l'existence de rumeurs entourant la personne et le passé professionnel de l'ancien ministre délégué au Budget, il s'est encore défendu. Il n'avait connaissance d'« aucune », « tout le monde dit ça après », a-t-il dit. « J'ai même lu des papiers disant que Jérôme Cahuzac est tellement brillant que ça pouvait être un prétendant sérieux à la succession de Jean-Marc Ayrault à Matignon », a-t-il rappelé. « Et qui écrivait ça ? Des journalistes. Franchement, il faut, avec un peu de recul, arrêter de dire n'importe quoi ». A propos de Jérôme Cahuzac, « brillant président de la commission des Finances », le Premier ministre a également rappelé : « on disait "ce type est compétent" ».

J.V. avec AFP