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Ayrault met en garde l'UMP avant la manif contre le mariage gay

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a mis en garde les responsables de l'UMP contre les risques de débordements lors de la manifestation contre le mariage des couples homosexuels dimanche à Paris. /Photo prise le 3 avril 2013/REUTERS/Charles Platiau

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a mis en garde les responsables de l'UMP contre les risques de débordements lors de la manifestation contre le mariage des couples homosexuels dimanche à Paris. /Photo prise le 3 avril 2013/REUTERS/Charles Platiau - -

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a mis en garde samedi les responsables de l'UMP contre les risques de débordements lors de...

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a mis en garde samedi les responsables de l'UMP contre les risques de débordements lors de la manifestation contre le mariage des couples homosexuels dimanche à Paris.

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a condamné par avance toute éventuelle violence. Le premier parti d'opposition est divisé sur l'opportunité de manifester contre une loi déjà promulguée et certains de ses dirigeants ont jugé qu'il n'aurait pas dû appeler à défiler.

Trois cortèges doivent rejoindre l'Esplanade des Invalides. Quelque 4.500 policiers et gendarmes seront mobilisés pour prévenir les heurts avec des groupes d'extrême droite constatés lors des précédentes manifestations.

"Je dis aux responsables de l'UMP qui ont voulu durcir le ton qu'ils prennent un risque, donc je les mets en garde", a dit Jean-Marc Ayrault, dont les propos ont été diffusés par plusieurs médias, lors d'un déplacement en Seine-Saint-Denis.

"Du côté de l'Etat, tout est fait pour assurer la tranquillité, la sécurité de cette manifestation", a-t-il ajouté. "J'appelle à l'esprit de responsabilité de chacun, tout en respectant la diversité des opinions."

Jean-François Copé a pour sa part souligné que les manifestants seraient dans leur très grande majorité pacifiques et a dénoncé tout "amalgame".

"Je condamne par avance toutes les formes de provocation, toutes les formes de tension, toutes les formes de violence", a-t-il dit.

La loi promulguée le 18 mai a fait de la France le 14e pays au monde à autoriser le mariage de couples homosexuels. Une première union sera célébrée le 29 mai à Montpellier (Hérault).

Frigide Barjot, figure médiatique de la mobilisation contre le mariage homosexuel, a annoncé vendredi qu'elle ne manifesterait pas, en raison de menaces de la part de radicaux qui jugent qu'elle a tenu des propos trop conciliants.

"L'union civile" qu'elle propose désormais pour les homosexuels, qui les priverait du droit à l'adoption, est considérée par certains comme une trahison et lui ont valu, selon elle, des menaces de mort.

Un responsable de l'organisation a cependant déclaré que celle qui a participé à toutes les manifestations, dont celle qui a réuni le 24 mars 1,4 million de personnes selon les organisateurs et 300.000 selon la police, manifesterait dimanche.

Vendredi soir, une centaine de sympathisants du "Printemps français", frange radicale du mouvement, ont manifesté devant le siège parisien du Grand Orient de France, supposé soutenir la loi, pour appeler à la résistance.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a déclaré que la police ne laisserait pas les fauteurs de trouble perturber les cortèges et annoncé qu'une interdiction du "Printemps français" allait être étudiée.

Jean-Baptiste Vey