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Ayrault : « Il faut arriver à la démission de Bachar Al-Assad »

Jean-Marc Ayrault

Jean-Marc Ayrault - -

En visite à Moscou, le vice-Premier ministre syrien a affirmé que Bachar Al-Assad pourrait quitter le pouvoir à la suite de négociations. Jean-Marc Ayrault a défendu cette thèse sur RMC et BFMTV : « Il faut trouver les conditions d'une transition politique ».

Bachar Al-Assad pourrait être sur le départ. C'est ce qu'a laissé entendre le vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil. En visite mardi à Moscou, il a affirmé que le président pourrait démissionner après négociations. « La démission du président comme condition pour ouvrir un dialogue signifie qu'il est impossible d'ouvrir le dialogue » a-t-il ainsi précisé, laissant entendre qu’il faudrait forcément engager des négociations entre le pouvoir et l’opposition avant d’envisager une transition.

Ayrault : « On ne peut pas laisser tomber les Syriens »

Le départ de Bachar Al-Assad est une option défendue par la France : « Il faut trouver les conditions d'une transition politique, a d'ailleurs dit le Premier ministre Jean-Marc Ayrault invité ce mercredi sur RMC et BFMTV, il faut arriver à la démission ». Pas question, en revanche, d'intervenir militairement « sans décision de l'ONU. On doit s'y prendre autrement. Nous avons l'exemple de l'Irak, la Lybie, on voit aujourd'hui toutes les armes qui sont en circulation. Mais on ne peut pas laisser tomber les Syriens, nous avons envoyé des moyens non létaux, nous ne sommes pas impassibles. Et vous voyez que les choses bougent ».

« On ne peut pas négocier sans arrêter les combats »

Mais si le pouvoir dit envisager une transition, l’opposition se refuse à toute négociation et place le départ de Bachar Al-Assad comme condition préalable. « C’est comme si quelqu’un vient vous tirer dessus et vous dit "je suis capable de négocier", résume Samir Aïta, rédacteur en chef de l'édition arabe du Monde Diplomatique et membre du Forum Démocratique Syrien, une des factions d'opposition. Eh bien arrêtez de nous tirer dessus, et après je peux discuter. Il y a une guerre en Syrie, je ne vois pas comment on peut négocier sans arrêt des combats ». Pour lui, l’annonce ne sera pas suivie d’effet car elle intervient bien trop tard. « C’est une annonce faite à Moscou pour dire "ah oui on va dialoguer", comme si ce n’était pas le régime qui a cassé le dialogue qui lui avait pourtant été proposé dans les premiers mois ».

« C’est un peu la quadrature du cercle »

Didier Billion, directeur des publications de l’Institut de Recherches Internationales et Stratégiques (Iris) veut tout de même y voir un geste positif. « C’est une première, estime-t-il. Jusqu’alors, les autorités syriennes s’étaient constamment et résolument opposées à toute éventualité du départ des responsables du régime et en particulier du premier d’entre eux, Bachar Al-Assad ». Mais comme l’opposition refuse tout dialogue avant le départ de l’actuel président, « c’est un peu la quadrature du cercle ».

« Assad pourrait s’exiler en Russie »

Qu’adviendrait-il toutefois de Bachar Al-Assad s’il acceptait de quitter le pouvoir ? « On sait que Moscou est un soutien indéfectible du régime syrien, mais plus du régime que de Bachar Al-Assad lui-même. La diplomatie russe tente d’envisager des solutions de négociation, voire de départ du président Assad pour éviter le pire. Il est possible qu’il y ait un exil en Russie ».

La rédaction, avec Amélie Rosique