BFMTV

Aubry : « La diplomatie française n'existe plus »

Les critiques de diplomates contre la politique extérieure de la France témoignent de la disparition de la diplomatie française, estime le premier secrétaire du PS Martine Aubry. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les critiques de diplomates contre la politique extérieure de la France témoignent de la disparition de la diplomatie française, estime le premier secrétaire du PS Martine Aubry. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes - -

PARIS (Reuters) - La diplomatie française n'existe plus, comme en témoignent les critiques d'un groupe de diplomates contre la politique extérieure...

PARIS (Reuters) - La diplomatie française n'existe plus, comme en témoignent les critiques d'un groupe de diplomates contre la politique extérieure de la France, a déclaré mercredi Martine Aubry.

Pour la dirigeante du Parti socialiste, la France doit "défendre les droits de l'Homme partout" et ne doit pas considérer que la diplomatie, "c'est des coups médiatiques comme le président nous le fait à chaque fois qu'il sort d'une réunion de l'Union européenne ou d'un G20 et d'un G8".

"Aujourd'hui, il est clair que la diplomatie française n'existe plus, on confond les contrats et la diplomatie et c'est pour ça que la France se rétrécit dans le monde, que sa voix ne porte plus", a-t-elle déclaré sur RMC et BFM-TV.

"Quand vous avez les policiers, les CRS, les magistrats, les enseignants, le personnel hospitalier et aujourd'hui les diplomates qui manifestent ou disent 'ça ne peut pas durer', c'est que vraiment la République va mal", a-t-elle ajouté.

Des diplomates français ont rompu le silence et confirmé dans une tribune publiée mardi par Le Monde un profond malaise de la diplomatie française, plus étendu encore que ce que le "printemps arabe" en a révélé.

Sous le pseudonyme collectif de Marly, ces diplomates de diverses sensibilités politiques se sont livrés à une critique en règle de la politique étrangère du président Nicolas Sarkozy.

"Moi, je dis au président 'reprenez de la hauteur, essayez de considérer que la République c'est l'intérêt général'", a dit Martine Aubry.

Elle accuse également le chef de l'Etat de "faire peur" aux Français et d'avoir "mis à bas les fondements de la République: l'école, la santé, la police, la justice."

"Au lieu de prendre cela en main et de se dire 'je change de cap', il essaie de nous expliquer que la cause c'est toujours les autres. D'abord on a eu droit à l'identité nationale, aux Roms cet été et maintenant c'est la peur de l'Islam. La peur à l'intérieur, la peur à l'extérieur", a-t-elle dit.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse