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« Au moins un membre du gouvernement a un compte en Suisse », dit A. Peillon sur RMC

Une quinzaine de personnalités politique de l'actuelle et de la précédente majorité auraient ou auraient eu un compte en Suisse.

Une quinzaine de personnalités politique de l'actuelle et de la précédente majorité auraient ou auraient eu un compte en Suisse. - -

Sur RMC, le journaliste Antoine Peillon a affirmé qu’au moins un membre du gouvernement avait toujours un compte en Suisse et dit posséder une liste de personnalités politiques impliquées dans des affaires d’évasion fiscale en Suisse. Lui aussi sur RMC, le député PS Yann Galut en appelle à la justice.

L’Assemblée nationale discutera à partir de la semaine prochaine un projet de loi contre l’évasion fiscale, alors que le journaliste Antoine Peillon sort un livre sur ce sujet. Invité ce vendredi sur RMC, le journaliste explique qu’il a eu l’occasion, dans le cadre de son enquête, de rencontrer Pierre Condamin-Gerbier qui détiendrait une liste de personnalités médiatiques, politiques, sportives ou de grands chefs d’entreprises détenteurs de comptes en Suisse non déclarés. « Pierre Condamin-Gerbier s’occupait des affaires personnelles de grandes familles fortunées depuis plus de 20 ans. Il travaille en Suisse depuis longtemps, il a travaillé dans des banques, notamment UBS et Reyl, qui abritait le compte de Jérôme Cahuzac. Il a eu une brève tentative de carrière politique au moment de la campagne de Nicolas Sarkozy », explique tout d’abord le journaliste, qui raconte : « La liste a été sécurisée. Condamin-Gerbier était très menacé, il fallait sécuriser une bonne fois pour toute ces informations ». 

« Une quinzaine de politiques de très haut niveau impliqués »

Selon lui, cette liste contient entre autres « une quinzaine de personnalités politiques de très haut niveau », mais Antoine Peillon ne souhaite pas donner de noms pour le moment. « Je n’ai pas vérifié suffisamment les propos, même si je les trouve sérieux. Il faut vérifier et recouper totalement les informations ». Antoine Peillon peut toutefois affirmer que « il y a au moins un membre du gouvernement qui a un compte, un compte qui existe toujours » et explique que « Pierre Condamin-Gerbier a donné des éléments très précis, où se trouvaient les comptes, depuis quand ».

« Sportifs, personnalités, gens des médias, et politiques »

Cette liste, le rapporteur du projet de loi sur la fraude fiscale, le député socialiste Yann Galut, ne l’a pas vue, même s’il a entendu Pierre Condamin-Gerbier dans le cadre des auditions, à huis-clos, qu’il mène pour préparer le texte. Mais sur RMC ce vendredi matin, l’élu ne remet pas en cause pour autant la crédibilité de son témoin. « Je l’ai reçu comme j’ai fait avec une trentaine de personnes. Il est banquier, notre intérêt est de comprendre les mécanismes d’évasion entre la France et la Suisse. Il m’est apparu extrêmement sérieux, précis, et sans aucune volonté de nous détourner. Mais nous l’avons reçu une heure, il ne nous a remis aucun document ». Sur RMC, il s’explique : « Après nous avoir parlé du fait que la Suisse avait démarché de façon intensive en France, il nous a dit qu’il avait une liste de français très haut placés qui ont un compte en Suisse : sportifs, personnalités, gens des médias, et politiques. Il ne nous a pas dit qu’un ministre aurait été concerné, mais des membres de l’actuelle et ancienne majorité ». 

« C’est à la justice de faire son travail »

L’élu socialiste en appelle donc aux juges. « Maintenant, c’est à la justice de faire son travail. Nous souhaitons que ce genre d’affaires puisse être traité de manière rapide, efficace et en toute indépendance, quoi qu’il arrive, c’est la volonté du gouvernement. L’affaire Cahuzac a montré que le gouvernement n’intervient pas  ».
Concernant les poursuites engagées contre les fraudeurs fiscaux, Yann Galut lance d’ailleurs un dernier appel. « Avant l’adoption de la loi, vous pouvez, comme n’importe quel contribuable, faire une procédure de régularisation, en contactant Bercy. Ils payeront exactement l’impôt qu’ils auraient dû payer en France, nous ne ferons aucun cadeau, pas d’amnistie fiscale de 5% comme le proposait l’UMP ».

Mathias Chaillot avec Jean-Jacques Bourdin