BFMTV

Attaque à Villeurbanne: le maire s'insurge contre la réaction "honteuse" de l'extrême droite

L'élu de Villeurbanne a également eu un mot pour les passants qui ont permis de maîtriser l'assaillant avant l'arrivée des forces de l'ordre, saluant un événement "assez exceptionnel".

Le maire socialiste de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, a jugé "honteuse" ce dimanche la réaction de l'extrême droite après l'attaque au couteau dans sa ville samedi, celle-ci tentant selon lui "d'utiliser un événement dramatique à son profit".

Samedi soir, peu après l'annonce de cette attaque perpétrée par un Afghan de 33 ans qui a fait un mort et huit blessés dans cette ville de la métropole lyonnaise, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen avait rapidement fustigé "le laxisme de la politique migratoire" française qui selon elle "menace gravement la sécurité des Français".

"C'est la réaction classique de l'extrême droite, qui tente d'utiliser un événement dramatique à son profit. C'est très peu glorieux pour ceux qui ont ces paroles, et qui se sont engouffrés d'une façon assez honteuse dans ce qui est un fait divers terrible", a réagi sur RTL le maire le Villeurbanne.

Après Madame Le Pen, l'eurodéputé RN Jordan Bardella avait surenchéri, également sur Twitter, assurant que "l'attaque de Villeurbanne clôture un été durant lequel se sont multipliés en Europe meurtres, viols et agressions impliquant des migrants".

"La rentrée est chargée, mais Macron ne pourra pas éviter la question de l'ensauvagement, et sa cause majeure: la submersion migratoire", a soutenu Jordan Bardella.

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, s'est aussi interrogé sur le même réseau social: "Combien de temps les Français devront-ils encore supporter le laxisme migratoire du gouvernement?"

"Ce fait divers terrible ne peut être confondu avec la politique migratoire qui peut être menée au niveau du pays", a rétorqué Jean-Paul Bret. "Je ne fais pas partie des supporteurs du gouvernement, mais il faut savoir raison garder".

"Il est normal que dans ce pays il y ait des demandeurs d'asile. Lier la situation (du suspect) et le crime, et en faire commerce, ça reste quelque chose d'assez éhonté", a-t-il insisté.

Interrogé sur notre antenne peu après, l'élu de Villeurbanne a également eu un mot pour les passants qui sont intervenus en premier lieu pour maîtriser l'assaillant. "C'est un petit coin de ciel bleu dans un univers dramatique et effroyable", a-t-il commenté. "On a eu des gens qui se trouvaient à proximité, des agents des bus, qui se sont mobilisés, ils ont ceinturé et immobilisé la personne, ils ont sans doute empêché que d'autres victimes soient concernées." Avant de souligner, pour conclure: "C'est un événement assez exceptionnel." 

Des propos "incohérents et confus"

L'assaillant de Villeurbanne, un Afghan âgé d'une trentaine d'années, a reconnu "partiellement les faits" tout en tenant des propos "incohérents et confus" disant notamment "avoir entendu des voix insulter Dieu et lui donnant l'ordre de tuer", indique dimanche le procureur de la République de Lyon.

Bénéficiant d'une carte de séjour temporaire en France, il avait consommé une importante quantité de cannabis avant l'agression de samedi au cours de laquelle un jeune de 19 ans a été tué et huit personnes ont été blessées, a encore précisé Nicolas Jacquet lors d'une déclaration à la presse.

Jé. M. avec AFP