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Villeurbanne: l'attaquant dit avoir entendu "des voix insulter Dieu et lui donnant l'ordre de tuer"

Le procureur de la République de Lyon a donné plusieurs éléments sur le profil de l'attaquant au couteau de Villeurbanne, notamment psychiatriques. Il a également précisé que l'homme était titulaire d'une carte de séjour, et sous l'emprise du cannabis au moment de l'attaque.

Une attaque au couteau a fait un mort et 8 blessés samedi à Villeurbanne. L'auteur des faits a été interpellé quelques minutes après l'attaque, et est actuellement en garde à vue. L'enquête a déjà pu apporter de nouveaux éléments sur son profil, notamment psychologique.

"Il s'agirait d'un homme de nationalité afghane connu sous deux identités différentes, avec trois dates de naissance déclarées. Il serait âgé de 33, 31 ou 27 ans", a déclaré le procureur de la République de Lyon dimanche, lors d'une conférence de presse.

"État psychotique envahissant avec délires paranoïdes"

S'il ne lui est pas connu d'antécédents psychologiques, il a été entendu en garde à vue par un expert psychiatre qui a déclaré "un état psychotique envahissant avec délires paranoïdes à thématiques multiples dont celles du mysticisme et de la religion".

L'attaquant n'a, selon ses déclarations, des souvenirs que du début de son périple meurtrier, pas de la suite. "Il a indiqué être musulman, et avoir entendu dans l'après-midi des voix insulter Dieu et lui donnant l'ordre de tuer", explique le procureur.

"Il pensait avoir reconnu dans sa première victime un individu avec lequel il était en contentieux depuis son passage en Angleterre il y a quelques années". L'individu dit "avoir agi par vengeance", mais "ses propos demeuraient incohérents et confus", souligne le procureur de Lyon.

Sous l'emprise du cannabis

L'attaquant n'avait aucun antécédent judiciaire, et n'était pas connu des services spécialisés de la radicalisation. L'homme a reconnu une forte consommation de résine de cannabis, ce qui a été confirmé par une analyse toxicologique.

Si des témoins de l'attaque ont parlé de "propos religieux", la suite de l'enquête n'a pas révélé de radicalisation. Au centre d'hébergement pour réfugiés où l'individu résidait, il n'a pas été découvert "d'éléments laissant apparaître une quelconque radicalisation de l'intéressé" a continué le procureur. Le parquet anti-terrorisme ne s'est, pour l'instant, pas saisi de l'affaire.

Titulaire d'une carte de séjour temporaire

L'attaquant résidait légalement en France. D'après le procureur de la République de Lyon, il était "titulaire d'une carte de séjour temporaire avec demande de renouvellement valable jusqu'au 31 janvier 2020".

L'enquête va se centrer sur le profil, le parcours et la personnalité de l'homme. Pour l'instant, les enquêteurs savent qu'il est venu une première fois en France en 2009 alors qu'il était mineur, qu'il est passé en Allemagne en 2015, en Norvège en 2016, et était de retour en France depuis juin 2016.

Salomé Vincendon