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Attaque à la préfecture de police de Paris: une commission d'enquête à l'Assemblée "dès la semaine prochaine"

L'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale - Image d'illustration - AFP

Eric Ciotti sera le rapporteur de cette commission, réclamée par Les Républicains. Elle commencera son travail "dès la semaine prochaine", a indiqué le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand.

L'Assemblée nationale va se pencher sur l'attaque de la préfecture de police de Paris. Les Républicains ont demandé et obtenu - en faisant usage de leur "droit de tirage" annuel - la création d'une commission d'enquête "relative aux dysfonctionnements ayant conduit aux attaques commises à la préfecture de police de Paris". Celle-ci se mettra au travail "dès la semaine prochaine", a précisé le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, ce mardi sur Cnews.

Eric Ciotti en sera le rapporteur. Dans sa proposition de résolution qu'a pu consulter BFMTV, le député LR écrit notamment que Mickaël Harpon "aurait pu avoir accès à des informations sensibles, notamment celles en lien avec l'islam radical. Il disposait en outre d'une habilitation secret défense ce qui suppose l'existence d'une enquête administrative approfondie".

"Comment un individu présentant des signes de radicalisation et fréquentant un imam proche des frères musulmans a-t-il pu être employé dans l'un des principaux service de renseignement français, en point dans le lutte contre l'islam radical ?", s'interroge le député.

"Les autorités ont-elles cherché à minimiser la réalité?"

"Les autorités ont-elles cherché à minimiser la réalité ou à retarder l'échéance de l'annonce d'un acte terroriste commis de l'intérieur? Y-a-t-il eu un problème de transmission d'informations entre les différents services compétents de l'Etat" questionne encore Eric Ciotti.

"Nous sommes face à une situation d'une extrême gravité, il y a besoin de comprendre" comment "un terroriste a pu infiltrer les services de l'Etat", a également défendu devant la presse Christian Jacob.

Le patron des députés LR estime que son groupe est "dans son rôle de contrôle" et que la commission devra se pencher sur "tous les services publics sensibles". "Les Français sont sous le choc, c'est d'une gravité sans précédent", a insisté Christian Jacob.

La demande de commission d'enquête va d'abord être transmise au garde des Sceaux, une enquête judiciaire étant en cours et les travaux parlementaires ne devant pas empiéter dessus. Autre difficulté possible: le secret défense est opposable aux commissions d'enquête.

La commission des Lois vérifiera si les conditions requises pour cette création sont réunies, avant une nouvelle conférence des présidents actant la commission d'enquête.

Ne pas faire de "la politique de spectacle"

"Ce que je ne voudrais pas, c'est que la commission d'enquête se limite à faire des auditions à grand spectacle pour amuser la galerie", a cependant mis en garde Richard Ferrand, rappelant les travaux en parallèle de la délégation parlementaire au renseignement et des enquêtes judiciaires.

"Le but ce n'est pas de faire de la politique spectacle, le but c'est d'avoir la vérité, de comprendre, de corriger et surtout d'éviter que ce que nous avons vécu à la préfecture de police ne se renouvelle où que ce soit en France dans les services publics", a-t-il ajouté.

En accord avec le président du Sénat Gérard Larcher, Richard Ferrand souhaite en tout état de cause que "la délégation parlementaire au renseignement, qui est habilitée secret défense, qui peut aller au fond des choses et qui délibère à huis clos", "aille jusqu'au bout".

Le contrôle par le Parlement des services spécialisés de renseignement est exercé par cette délégation parlementaire au renseignement, qui a entendu ce mardi matin le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Selon Christian Jacob, "à Emmanuel Macron de se poser la question: est-ce que Christophe Castaner est toujours apte à diriger le ministère de l'Intérieur?".

Anne Sauraut-Dubois avec Manon Fossat et AFP