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Armement français au Yémen: Macron "assume" et certifie avoir obtenu des "garanties"

Emmanuel Macron à l'Élysée ce mardi.

Emmanuel Macron à l'Élysée ce mardi. - CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL / AFP

Emmanuel Macron a déclaré, ce jeudi, qu'il assumait la vente d'armes françaises à l'Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis. Il a également certifié avoir obtenu "la garantie" que ces armes n'étaient pas employées contre les civils.

Emmanuel Macron a déclaré, ce jeudi, "assumer" la vente d'armes françaises à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. Si ces armes sont susceptibles d'être déployées au Yémen, le président assure avoir obtenu "la garantie" que ces équipements "n'étaient pas utilisés contre des civils".

"L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont des alliés de la France. Et ce sont des alliés dans la lutte contre le terrorisme. Nous l'assumons totalement", a déclaré le président français à son arrivée au sommet européen de Sibiu, en Roumanie.
"Il y a un comité qui gère ces exports, sous l'autorité du Premier ministre, dans lequel les choses d'ailleurs ont été durcies ces dernières années, et où nous demandons la garantie que ces armes ne puissent pas être utilisées contre des civils. Elle a été obtenue", a-t-il ajouté.

Les livraisons d'armes françaises à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis sont sous le feu des critiques, car il se pourrait qu'elles soient employées dans la guerre meurtrière du Yémen. La France a reconnu mercredi qu'un navire saoudien allait effectuer un chargement d'armes dans le port du Havre.

"L'essentiel des armes qui ont été vendues sont plutôt utilisées à l'intérieur du territoire ou à la frontière", a-t-il reconnu. "Mais je veux être très clair: on doit être dans les moments difficiles du côté de nos alliés, et la guerre contre le terrorisme est pour nous prioritaire", a insisté Emmanuel Macron. Il a enfin promis de s'engager "davantage", aux côtés des Nations unies, "dans la résolution du conflit au Yémen", "l'une des plus graves crises humanitaires que nous ayons aujourd'hui à affronter".

Une crise humanitaire gravissime 

Ryad a en effet pris la tête en 2015 d'une coalition militaire comprenant, entre autres, les Emirats arabes unis pour soutenir le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi contre les rebelles Houthis qui avaient pris le contrôle de vastes territoires.

D'après diverses organisations humanitaires, ce conflit a entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon l'ONU.

Aude Solente avec AFP