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Après avoir voté contre le projet de loi immigration, une députée LaRem menacée d'exclusion

Emmanuel Macron en compagnie de députés du groupe La République en marche

Emmanuel Macron en compagnie de députés du groupe La République en marche - LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Aina Kuric, députée de la Marne, risque l'exclusion du groupe parlementaire La République en marche après avoir voté contre la loi asile-immigration.

On ne plaisante pas avec la discipline de groupe chez les députés macronistes. L'élue La République en marche Aina Kuric a voté contre le projet de loi asile-immigration en nouvelle lecture dans la nuit de jeudi à vendredi, s'exposant à une exclusion du groupe majoritaire conformément à la règle établie par son président Richard Ferrand.

"Fausse solution"

L'élue de la Marne, qui s'était déjà abstenue en première lecture, a cette fois voté contre le projet de loi "pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie", la seule de son groupe à le faire. 11 élus LaRem se sont abstenus et 43 ont voté pour le texte porté par Gérard Collomb. Aina Kuric avait notamment dénoncé jeudi dans l'hémicycle l'adaptation du droit du sol à Mayotte, y voyant "une fausse solution".

Un article introduit au Sénat et approuvé par l'Assemblée jeudi (par 47 voix contre 19), exige pour les enfants nés à Mayotte que l'un de ses parents ait, au jour de la naissance, été présent de manière régulière sur le territoire national depuis plus de trois mois.

La mesure, critiquée jeudi par certains autres députés LaRem et MoDem et par les trois groupes de gauche, qui ont échoué à la faire supprimer, est soutenue par l'exécutif au nom de la nécessité de faire face à la très forte immigration clandestine en provenance des Comores.

"Péché mortel"

Aina Kuric, élue d'origine malgache, membre de la commission des Affaires étrangères, avait déposé des amendements pour supprimer cette disposition.

Conformément à la règle au sein du groupe majoritaire, "abstention, péché véniel, vote contre, péché mortel", cette cheffe d'entreprise dans l'œnologie de 31 ans s'expose à une exclusion.

"Le bureau du groupe se réunit tous les mardis. On en saura plus à ce moment", indiquait-on vendredi soir au groupe, qui compte 312 élus.

En avril, Jean-Michel Clément avait annoncé se mettre "en congé" du groupe après avoir voté contre le texte asile-immigration en première lecture, le seul dans ce cas. Cet ex-PS siège désormais chez les non-inscrits.

Le texte asile-immigration doit faire l'objet d'un ultime vote le 1er août, dernier jour de session extraordinaire, après une dernière navette avec le Sénat. 
L.N. avec AFP