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Annulation de la grâce accordée à un pédophile : le Maroc reste en émoi

Le ministre de la Justice marocain doit examiner avec son homologue espagnol les suites à donner à l'annulation de cette grâce.

Le ministre de la Justice marocain doit examiner avec son homologue espagnol les suites à donner à l'annulation de cette grâce. - -

La mobilisation ne faiblit pas après que le roi Mohamed VI a annulé la grâce qu’il avait accordée à un pédophile espagnol. Le peuple souhaite des excuses royales et davantage de garanties institutionnelles.

Devant l'émotion populaire, le roi du Maroc, Mohamed VI, a décidé d'annuler la grâce royale accordée à Daniel Galvan Fina, un Espagnol qui avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour pédophilie et n'avait purgé que 18 mois de prison.
D'après plusieurs médias, Daniel Galvan Fina aurait déjà quitté le Maroc. Désormais, le ministre de la Justice marocain devra examiner avec son homologue espagnol les suites à donner à l'annulation de cette grâce. Le ministère avait expliqué que la grâce avait été accordée en raison de l'intérêt national du Maroc et de ses relations d'amitié avec l'Espagne. Elle intervenait un mois après une visite du roi d'Espagne Juan Carlos au Maroc. Samedi soir, Mohamed VI a précisé qu'il ignorait les faits reprochés au pédophile espagnol au moment où il lui a accordé la grâce. Lundi en fin d'après-midi, le roi a révoqué le patron de l'administration pénitentiaire, a-t-on appris par un communiqué.

Que le roi ne puisse plus "agir seul"

Fouad Abdelmoumni, militant des droits de l'homme au Maroc, souhaite aller plus loin : « La mobilisation va continuer, parce que n’avons pas encore eu pleine satisfaction sur la mise hors d’état de nuire de ce monsieur, sur la présentation des excuses par le roi à la société, et surtout sur la mise en place de garanties institutionnelles que le roi ne pourra plus agir seul sans assumer de responsabilité, décider en lieu et place de la collectivité, et neutraliser la marche démocratique de l’Etat » affirme-t-il.

"Les gens attendent du concret"

Khadija Ryadi, membre de la commission administrative de l'Association marocaine de défense des droits de l'homme est également déterminée à continuer les manifestations. « La mobilisation n’a pas fléchi, les gens attendent vraiment quelque chose de concret, que le criminel revienne en prison ». Les Marocains attendent également que soit évoquée la question des responsabilités : « Le palais a évoqué d’une enquête à ce sujet, mais ça nécessite une mobilisation continue pour que ce ne soit pas des paroles oubliées par la suite » poursuit Khadija Ryadi.

Claire Béziau, avec Marine Loyen