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Amnistie sociale : le PS « capitule devant le Medef », selon le Front de Gauche

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Les députés du Front de Gauche ont exprimé leur colère ce mardi après avoir appris que les députés socialistes souhaitaient que leur proposition de loi sur l'amnistie sociale soit renvoyée en commission. Ce texte doit « être retravaillé sérieusement », selon le porte-parole des députés PS.

Les députés du Front de Gauche renvoyés à leur copie. Leur texte sur l’amnistie sociale, qui prévoit d’amnistier les délits (passibles de moins de 5 ans d’emprisonnement) commis dans le cadre d’actions ou de manifestations syndicales, « n’est pas bien ficelé », selon le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée, Thierry Mandon. Les députés PS demandent qu’il soit renvoyé en commission pour « être retravaillé sérieusement ». « Pas seulement parce qu'il ne s'agit pas de donner un contre-message d'indulgence au moment où les fauteurs de troubles se multiplient dans tel ou tel type de mouvements, pas seulement parce que nous souhaitons qu'une culture du compromis remplace la culture du conflit voire les violences mais d'abord et surtout parce que ce texte est mal ficelé », a expliqué Thierry Mandon. Ce texte doit « être retravaillé sérieusement pour être voté le cas échéant », a-t-il ajouté.

« Pas d’opposition de principe à l’amnistie »

Evidemment, cette leçon « d’écriture législative » n’est pas du goût des parlementaires du Front de Gauche, pourtant alliés du PS. « Le gouvernement donne le signal qu'il capitule devant les exigences du Medef », a ainsi déclaré le président des députés Front de gauche, André Chassaigne. La présidente des patrons, Laurence Parisot, estime d'ailleurs que cette amnistie sociale est « un appel au cassage ». La décision du gouvernement annoncée il y a trois semaines de s'opposer à ce texte avait déjà suscité la fureur du Front de Gauche. Malgré cela, Thierry Mandon a expliqué que les députés PS n'avaient « pas d'opposition de principe à l'amnistie ». Reste que le renvoi en commission repousserait à octobre l'éventuel adoption du projet de loi à l'Assemblée, alors qu'il a déjà été voté au Sénat en février.

Philippe Gril avec AFP