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À mots couverts, Estrosi demande l'exclusion de Wauquiez

Christian Estrosi

Christian Estrosi - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Visant Laurent Wauquiez, le maire de Nice demande "l'exclusion de ceux qui ont entretenu le doute sur leur positionnement vis-à-vis du Front national".

À force de réclamer des exclusions, il ne va plus rester grand monde chez Les Républicains. Conspué par une partie de LR après avoir rencontré Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, Christian Estrosi, devenu héraut de la lutte contre la droitisation du parti, réclame implicitement dans un courrier adressé au secrétaire général Bernard Accoyer l'exclusion de Laurent Wauquiez.

En référence au mouvement Sens Commun (rattaché à Les Républicains), dont le président a ouvertement tendu la main à Marion Maréchal-Le Pen, Christian Estrosi constate d'abord que "certains affichent au grand jour une proximité assumée avec des mouvements proches des idées de l'extrême droite".

"Collusion malsaine"

La suite de la missive, révélée par un journaliste de LCI, vise entre les lignes le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, archi-favori pour prendre les commandes de la Rue de Vaugirard en décembre prochain.

"Dans un esprit de clarification, je veux à mon tour vous demander d'inscrire à l'ordre du jour de notre prochain bureau politique l'exclusion de ceux, en particulier les cadres dirigeants, qui ont entretenu le doute sur leur positionnement vis-à-vis du Front national lors des dernières élections présidentielles [sic] et législatives, et qui continuent d'afficher une collusion malsaine avec ces idées écœurantes et ceux qui les défendent", écrit Christian Estrosi.

Contacté par Le Lab Europe 1, l'entourage du maire, qui refuse de nommer les cibles de la lettre, ajoute: "Beaucoup d'hommes politiques de droite s'insurgent et rappellent l'existence d'un mur entre le FN et Les Républicains. Ils doivent donc être d'accord pour exclure ceux qui n'ont pas appelé clairement à voter Macron".

Ligne rouge

Une catégorie dans laquelle s'inscrit notamment Laurent Wauquiez, qui s'était tenu lors du second tour à la consigne de "ne pas voter pour Marine Le Pen". Mais aussi, note Le Lab, aux patrons des députés et sénateurs LR Christian Jacob et Bruno Retailleau, ainsi qu'à Bernard Accoyer lui-même. 

À l'heure où ministres et députés "constructifs" sont sur la sellette, l'initiative de Christian Estrosi a été soutenue sur Twitter par la sénatrice LR Fabienne Keller, tentée de fonder un groupe LR macron-compatible au palais du Luxembourg. La guerre civile à droite semble loin d'être éteinte.

Louis Nadau