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156 députés signent une tribune pour une nouvelle loi sur la fin de vie

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Photo d'illustration - AURORE BELOT / AFP

Dans une tribune parue ce mercredi, 156 députés se prononcent pour un texte de loi autorisant l'euthanasie courant 2018.

Insatisfaits par la loi Claeys-Leonetti, ils sont 156 députés à signer ce mercredi dans Le Monde une tribune réclamant que l'Assemblée nationale "légifère au cours de l'année 2018" afin "de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c’est essentiel, de leur destin". Autrement dit, d'autoriser l'euthanasie. 

"Aujourd’hui, l’offre de soins palliatifs ne satisfait pas à la multiplicité des situations individuelles et des souffrances des personnes en fin de vie", constatent les députés. "Il n’est plus raisonnable d’attendre davantage, d’observer sans réagir les souffrances physiques et psychiques de nombre de ces Français, de compter les affaires judiciaires qui se multiplient mais n’aboutissent à rien, car on ne peut pas condamner la compassion et la solidarité."

Les signataires, parmi lesquels figurent 122 élus de La République en marche, dont l'initiateur de cette tribune, le député du Rhône Jean-Louis Touraine, réclament "le choix de la personne puisse être respecté, quand il est libre, éclairé, soumis à nulle contrainte ou dépression, exprimé de façon réitérée, et que des médecins ont confirmé l’impasse thérapeutique".

Majorité probable 

Dans l'Assemblée, dix socialistes, six constructifs et quatre députés Les Républicains ont déjà soutenu ce texte. Parmi les principaux signataires figurent notamment Brigitte Bourguignon, présidente de la commission des affaires sociales, Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois, Olivier Faure, président du groupe Nouvelle Gauche, Yves Jégo, vice-président de l’Assemblée nationale, ou encore l'ancien Premier ministre Manuel Valls.

"Il y a autour de 240 à 250 députés dont on est sûr qu’ils seraient favorables à une loi", assure au Monde Jean-Luc Roméro, président de l’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). "À la différence de la précédente mandature, les députés de la majorité ne subissent pas de pressions sur ce sujet, les choses sont donc ouvertes."

Tandis que la ministre de la santé Agnès Buzyn a affirmé vouloir attendre le résultat d'une évaluation sur l'application de la loi Claeys-Leonetti, les députés signataires veulent au contraire accélérer la marche. "Quand une lacune est identifiée, elle doit être comblée sans délai", écrivent-ils. La position d'Emmanuel Macron sur la question étant encore très floue, l'initiative d'une dépôt de texte devrait donc venir de leurs rangs à l'occasion d'une niche parlementaire.

Louis Nadau