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ZSP : premier bilan positif pour habitants et policiers dans l'Essonne

En septembre prochain les ZSP seront au nombre de 64 en France métropolitaine et en Outre-Mer.

En septembre prochain les ZSP seront au nombre de 64 en France métropolitaine et en Outre-Mer. - -

Les ministres de l'Intérieur et de la Justice sont à Lyon ce lundi pour faire un premier bilan des Zones de Sécurité Prioritaire (ZSP). A Grigny dans l’Essonne où RMC s'est rendu, habitants et policiers estiment que le dispositif porte ses fruits même s'il engendre quelques travers. « Continuons à travailler », lance le maire PCF de la ville.

Promesses de campagne du candidat Hollande, les Zones de sécurité prioritaires (ZSP) doivent permettre de lutter contre la délinquance la plus ancrée dans les quartiers. 15 ZSP ont été installées dès septembre 2012. 49 nouvelles zones se déploient progressivement jusqu'à septembre prochain, ce qui portera le nombre de ZSP à 64 en métropole et en Outre-Mer. Ce lundi, Manuel Valls et Christiane Taubira, le ministre de l'Intérieur et la Garde des Sceaux se rendent d'ailleurs à Lyon pour faire un premier bilan, après moins d'un an d'existence, de ces ZSP.

« Les policiers sécurisent la zone, surtout la nuit »

RMC a pu se rendre à Grigny, dans l’Essonne, où deux cités sont en Zones de sécurité prioritaires depuis décembre 2012. Là-bas, les habitants commencent à sentir les bénéfices de la présence policière. Adama habite à Grigny 2, une des deux cités de la ville classée en ZSP. Depuis que la quarantaine de policiers affectés à son quartier patrouillent jours et nuits, elle a moins peur quand elle sort de chez elle. « Avant on sortait avec la peur au ventre, mais maintenant, ça va. La police fait son travail et sa présence sur Grigny apporte une certaine sécurité ». Un constat que fait également Sully pour qui cette présence policière de nuit est un vrai soulagement. « Les policiers, dit-il, sécurisent toute la zone surtout la nuit. Pour moi qui travaille la nuit, c’est mieux car aujourd’hui, c’est calme ». Ce constat est plus mitigé du côté des syndicats de police qui voient les problèmes se déplacer sur d’autres lieux. « Ces zones qui ont été ciblées se retrouvent effectivement fournies en effectifs quand d’autres endroits sont par conséquent un peu délaissés, constate Loïc Travers, délégué du syndicat Alliance Police Nationale. Sur les villes voisines, la délinquance liée au trafic de stupéfiants a explosé ».

« Une certaine violence se développe dans d’autres quartiers »

Dans l’Essonne, sur le terrain, les policiers constatent eux aussi des améliorations. « Le bilan est plutôt positif en général. Les collègues ont tout de même réussi de belles affaires sur cette ZSP », indique sur RMC Frédéric De Oliveira, délégué syndical Unité-SGP Police dans le département. Des effets positifs que viennent noircir d’autres constatations : « Ces quarante fonctionnaires venus en renfort à Grigny ne sont pas venus de l’extérieur. On les a piochés sur le département. Forcément, ils manquent quelque part. Le risque, c’est que dans les autres quartiers se développe une certaine violence. C’est une bonne idée de prioriser certains quartiers les plus difficiles mais encore faut-il se donner les moyens de pouvoir le faire. Donc ce qu’il aurait fallu dès le début c'est que le département dispose de ces 40 fonctionnaires, mais qu’ils viennent de l’extérieur du département ».

« Ce qui est fait, c’est bien, mais continuons à travailler »

Presque un an après la mise en place des premières ZSP, le maire (PCF) de Grigny Philippe Rio, dresse un bilan plutôt positif de cette initiative même s’il estime que d’autres priorités pourraient elles aussi être soutenues. « Je dis continuons à travailler. Il n’y a pas que des problèmes de sécurité dans ces quartiers-là. L’insécurité est liée à une pauvreté massive. Si on n’apporte pas d’autres réponses à cela, il faudra mettre tous les déploiements policiers. Je ne crois pas qu’il y ait, in fine, de très grands résultats. Ce qui est fait, c’est bien. Continuons à travailler dans l’état d’esprit qui est celui de l’Etat et des collectivités locales qui y participent. Attaquons-nous maintenant à d’autres choses : l’école, la formation et l’emploi ».

Tugdual de Dieuleveult avec A. Rosique et M. Haÿ