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Vols à l'arraché: le port du masque complique le travail des policiers

Depuis le déconfinement, les vols à l'arraché se multiplient, notamment dans la capitale. Les auteurs de ces délits portent des masques, ce qui rend difficile leur identification.

La délinquance s'adapte avec l'épidémie de coronavirus et en tire même un avantage. Depuis plusieurs semaines, les policiers sont confrontés à une nouvelle difficulté dans leur travail: le port du masque par les délinquants. Un bout de tissu sur le visage qui n'attire pas l'attention alors que le port du masque est recommandé par les autorités pour lutter contre le Covid-19.

"Avant le confinement, porter un masque pouvait interroger les passants alors qu'aujourd'hui c'est devenu banal et les délinquants l'ont bien compris", confirme Rocco Contento, secrétaire départemental Paris du syndicat Unité SGP Police.

Vols à l'arraché

Le port du masque, pour éviter d'être identifié, concerne surtout les affaires de vol à l'arraché, comme le montre une vidéo diffusée sur Twitter. Les images tournées le 25 mai dernier montrent un couple de personnes âgées rentrant chez lui, dans le 13e arrondissement de Paris. Un individu portant un masque passe derrière, puis quatre autres encercle le couple. L'un d'eux s'empare violemment du collier et du sac à main de la femme, avant que le groupe ne prenne la fuite. Les agresseurs ont pu être interpellés le lendemain.

"La chance que nous avons eu dans cette affaire c'est que les jeunes vivent dans la rue et étaient habillés exactement de la même façon le jour suivant", explique une source judiciaire au Parisien.

Avec la fin du confinement, ce type d'agression se multiplie. Et depuis le début du mois de mai, le chiffre des vols avec violence ne cesse de grimper. Un peu moins de 600 faits recensés la semaine du 4 au 10 mai, 1000 la semaine suivante et près de 1100 la semaine du 18 au 24 mai, selon la note Interstats du ministère de l'Intérieur

Le travail des policiers rendu complexe

Hors période d'état d'urgence sanitaire, il est interdit de dissimuler son visage sur la voie publique, un délit sanctionné par une amende de 150 euros. Depuis le déconfinement, le port du masque est recommandé voire obligatoire dans les transports en commun. Dans le cadre des affaires de vol à l'arraché, très souvent, faute d'autres preuves, l'identification et l'interpellation de délinquants repose sur l'étude des images des caméras de surveillance et l'extraction d'un visage joue très souvent dans la résolution de l'enquête.

"Cela va rendre le travail des policiers plus compliqué quand on utilise ces logiciels de reconnaissance faciale et ça rendra aussi plus compliqué le travail permettant de confondre une personne interpellée dans le cadre d'une affaire, si elle n'a pas été notamment interpellée en flagrant délit", estime Me William Julié, avocat pénaliste au barreau de Paris.

A Paris, les policiers ont pu résoudre certaines affaires, notamment grâce à des interpellations au moment où les délinquants commentent leurs actes. "On a eu des interpellations heureusement en flagrant délit, notamment par la brigade des réseaux ferrés sur des arrachages et les auteurs étaient évidemment tous masqués. Pour eux, c'est une sécurité supplémentaire", conclut Rocco Contento.

Justine Chevalier avec Audrey Alos et Raphaël Maillochon