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Vol de denrées périmées dans un supermarché: les trois accusés jugés coupables mais sans peine

Le directeur de l'Intermarché a porté plainte, mais ne veut pas être partie civile.

Le directeur de l'Intermarché a porté plainte, mais ne veut pas être partie civile. - BFMTV

Les trois accusés s'étaient introduits dans un supermarché de Frontignan, dans l'Hérault. Le procureur a retenu une accusation de vol avec circonstances aggravantes. Le procès doit se tenir ce mardi.

Douze heures de garde à vue et un passage devant le tribunal administratif pour avoir récupéré des aliments périmés dans les poubelles d’un supermarché. Trois jeunes, une étudiante, un chômeur et un intermittent du spectacle, vont devoir se défendre pour vol avec circonstances aggravantes, ce mardi, au tribunal de Montpellier.

Ils risquent sept ans de prison ferme et 100.000 euros d’amende, pour des faits qui se sont produits en mai 2014. Les trois accusés s’étaient alors introduits en pleine nuit dans un supermarché de Frontignan, près de Montpellier. Ils s'étaient fixés pour mission de récupérer dans les pouelles des victuailles propres à la consommation.

Ces trois habitants d’un squat de Montpellier espéraient ainsi garnir leur réfrigérateur et, selon leur moisson, ceux d'autres squats de la ville. Ils avaient donc rempli sept sacs de 100 litres de nourriture, selon le site Streetpress.

L'Intermarché ne veut pas être partie civile

Seulement, au moment de partir, tous trois ont été arrêtés par la police, qui venait d'identifier leur camionnette comme volée (seul l’un des trois prévenus est aujourd'hui est poursuivi pour le vol du véhicule). Les trois jeunes passent douze heures en garde à vue, et le procureur décide de les poursuivre pour vol aggravé, puisque leur action a eu lieu de nuit, qu’ils étaient trois et qu’ils ont escaladé le mur du supermarché.

"Le procureur a contacté l’Intermarché, qui a indiqué qu’il déposait plainte, mais que comme il n’y avait pas dégradation, il ne se porterait pas partie civile", rappelle Jean-Jacques Gandini, avocat des trois jeunes. Le directeur du supermarché, joint par BFMTV, précise qu’il a porté plainte "pour des raisons de protection sanitaire", et que depuis, il envoie les denrées périmées à la Croix Rouge.

Un tiers de la production mondiale de nourriture gaspillée

Plusieurs collectifs s’indignent de la décision du procureur. Une pétition sur le site Avaaz avait ainsi récolté 4.000 signatures ce mardi matin. La Ligue des Droits de l’Homme, elle, a décidé d'organiser une manifestation devant le tribunal.

Chaque année, un tiers de la production mondiale de nourriture serait gâchée, selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture). Pour lutter contre le gaspillage, Manuel Valls a ouvert une mission parlementaire. Le député PS Guillaume Garot devrait rendre ses conclusions d’ici deux mois, tandis qu'un premier débat aura lieu ce jeudi.

Igor Sahiri et François Resbeut avec J.S