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Viols en série à Lyon: la police veut calmer les rumeurs

Les abords de l'université Lyon 3 (à droite sur la photo), dans le huitième arrondissement de Lyon.

Les abords de l'université Lyon 3 (à droite sur la photo), dans le huitième arrondissement de Lyon. - -

Les investigations policières pour rechercher le violeur en série sont rendues compliquées par les nombreuses rumeurs sur le profil et le mode opératoire de l'agresseur qui circulent sur les réseaux sociaux.

Mettre un terme à la psychose. A Lyon, les services de police tentent d'éteindre les rumeurs qui se sont propagées, essentiellement via les réseaux sociaux, autour d'un possible violeur en série sévissant dans le 8e arrondissement de la ville depuis octobre 2012.

Après l'agression de cinq jeunes femmes en trois mois dans ce périmètre, une psychose s'est emparée du milieu étudiant lyonnais, renforcée par les messages de prudence envoyés par les universités Lyon 1 et Lyon 3 à leurs étudiantes, les invitant à "ne pas sortir non accompagnées".

Faux portrait-robot

Très médiatisée, cette hypothèse de la présence d'un violeur en série - avancée par le parquet lui-même, compte-tenu de la zone géographique et des modes opératoires communs- a été alimentée par les rumeurs les plus folles sur les réseaux sociaux depuis la mi-février, évoquant, entre autres, un agresseur au sourire du joker qui ne s'attaquerait qu'aux blondes (ce qui a poussé des jeunes filles à se teindre en brunes).

Plus grave: un faux-portrait robot du violeur circule depuis fin février, toujours sur Internet. Le dessin, qui représente un homme de type africain, barbu et portant un bonnet, est en fait le portrait-robot du violeur en série recherché à Paris puis arrêté en Belgique en février 2012, suite à des viols commis dans la région parisienne en décembre 2011.

Face à cette montée d'angoisse, les étudiantes lyonnaises sont de plus nombreuses à se rendre chez les armuriers, notamment pour s'équiper en bombes lacrymogènes ou poivrées, rapporte Metro.

Investigations perturbées

Des déformations qui ne facilitent pas le travail des enquêteurs. Le directeur départemental de la sécurité publique du Rhône (DDSP), Albert Doutre, est monté au créneau, mercredi, pour, dit-il, "casser le processus négatif de rumeurs" et "laisser aux enquêteurs la chance de pouvoir interpeller l'individu".

Car face à cette médiatisation erronée largement relayée -des "aberrations", pour Albert Doutre- la police lyonnaise se retrouve contrainte de repenser son mode d'action. "On a été obligés de revoir notre dispositif", explique ainsi le directeur de la sécurité publique, évoquant une "possibilité d'action sur le terrain" devenue "délicate".

Le violeur en série présumé a agi masqué à cinq reprises, entre octobre 2012 et janvier 2013, toujours entre 23 heures et 1h30 du matin, selon le procureur de la République de Lyon, Marc Cimamonti. L'homme se serait servi à chaque fois d'une arme blanche pour menacer ses victimes, qui ont entre 20 et 25 ans. Trois d'entre elles sont des étudiantes.


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