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Viols dans une école: "Je culpabilise car je n'ai rien vu", admet la femme du directeur

Le directeur d'école de 45 ans enseignait dans cette école depuis la rentrée 2012.

Le directeur d'école de 45 ans enseignait dans cette école depuis la rentrée 2012. - Philippe Desmazes - AFP

Le directeur de l'école de Villefontaine en Isère a été mis en examen mercredi pour des soupçons de viols sur des élèves de sa classe. Une marche silencieuse en soutien aux enfants victimes a lieu ce samedi.

Après la stupeur, la colère. Mercredi, le directeur d'école de Villefontaine en Isère a été mis en examen pour "viols aggravés, agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans et acquisition et détention d'images pédo-pornographiques" sur des enfants de sa classe de CP, puis placé en détention.

Le responsable pédagogique de 45 ans avait reconnu ces faits lors de sa garde à vue après le dépôt de neuf plaintes de parents de victimes. Après ces révélations, ce sont 23 plaintes qui ont été recensées. Le choc a été encore plus grand pour les habitants de cette commune de 18.000 habitants alors que l'homme avait déjà été condamné en 2008 pour recel d'images pédo-pornographiques.

L'Education nationale pas informée d'une condamnation

Vendredi, la ministre de l'Education nationale et la ministre de la Justice ont annoncé avoir demandé une "inspection conjointe" de l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche et de l'Inspection générale des services judiciaires. "Il y a eu dysfonctionnement", reconnait samedi Najat Vallaud-Belkacem, dans une interview au Parisien - Aujourd'hui-en-France.

La ministre explique qu'"il semblerait que l'Education nationale n'ait pas été informée de cette condamnation". Poursuivant, Najat Vallaud -Belkacem explique que le directeur d'école avait été condamné "juste avant les vacances scolaires" puis "avait obtenu un changement d'académie" avant de se mettre "en congé parental". "On s’interroge évidemment sur les signaux qui auraient pu et dû alerter", reconnaît la ministre, faisant part au quotidien de "l'horreur" qui l'a saisi à la découverte de ces faits.

"Il m'a raconté des mensonges"

L'horreur c'est aussi le mot utilisé par l'épouse du directeur d'école de 45 ans qui témoigne samedi dans Le Dauphiné Libéré. "Je me sens terriblement coupable", confie celle qui a partagé la vie pendant 18 ans de cet homme qui se demande "comment n’ai-je ne rien pu voir". "Je culpabilise car je n'ai rien vue", lance-t-elle.

Décrivant les faits qui sont reprochés à son mari comme "intolérables", "horribles" et "brutaux", elle raconte qu'en 2008, alors qu'elle venait d'accoucher de deux grands prématurés, son époux lui avait assuré qu'il n'était pas celui qui avait visionné les images pédo-pornographiques mettant en cause la sécurité de "la connexion wifi" de leur domicile. 

Marche silencieuse

Sous le choc depuis mercredi, les parents des élèves de l'école de Villefontaine, où le directeur d'école enseignait depuis la rentrée 2012, ainsi que les habitants de la commune vont se réunir samedi pour entamer une marche silencieuse. Un défilé "sans slogan, ni banderole", a expliqué le maire de la ville Raymond Feyssaguet. Précisant que "les parents d'élèves ont simplement manifesté leur besoin d'exprimer leur colère".

La colère se fait aussi ressentir dans la commune voisine des Avenières en Isère où l'homme avait aussi enseigné pendant trois ans. "Il a fait ces choses là avec d'autres enfants, pourquoi il n'aurait pas fait la même chose avec le mien", s'inquiète auprès de BFMTV une mère de famille. Une plainte a été déposée dans la commune des Avenières, a annoncé le maire de la ville, Daniel Michoud.

J.C.