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Violences policières: enquête ouverte à Lyon après une plainte pour "intimidation

(Illustration) Police nationale.

(Illustration) Police nationale. - DENIS CHARLET / AFP

Le comité de liaison contre les violences policières de Lyon affirmé avoir été visé par "de nombreux appels et courriels malveillants" depuis la publication d'une enquête visant un policier de la BAC.

Le parquet de Lyon a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête après avoir reçu une plainte d'un groupe militant contre les violences policières qui affirme avoir fait l'objet de tentatives d'"intimidation" suite à la publication d'une enquête incriminant un policier.

Des centaines de courriels

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le Comité de liaison contre les violences policières de Lyon dit avoir été visé par de "nombreux appels téléphoniques et courriels malveillants" depuis février. Ils sont apparus peu après la publication d'une enquête ayant visé un policier de la BAC qui, selon le comité, aurait été un des auteurs des blessures infligées à un manifestant pendant une marche contre la réforme des retraites en décembre.

Le comité explique "avoir subitement vu sa boîte mail envahie de centaines de courriels indésirables en provenance de divers sites internet" entre le 11 février 2020 et le 17 avril 2020. De même, entre le 11 et le 14 février, le téléphone portable de l'un de ses membres a été contacté une dizaine de fois par des entreprises qu'il n'avait pas sollicitées.

Une même adresse IP

En enquêtant, le comité a établi que ces appels avaient été passés suite à une demande de rappel effectuée le 11 février sur les sites de six sociétés à partir d'une adresse IP correspondant à un service gouvernemental. Dans son communiqué, le comité regrette que la Direction interministérielle du numérique (Dinum) refuse pour l'heure de lui fournir plus d'informations sur cette adresse.

"L'intention de nuire et d'intimider est caractérisée. Le fait qu'un service ou une ou plusieurs personnes à l'intérieur de celui-ci se soit senties libres d'opérer ce type d'acte depuis une adresse IP gouvernementale parfaitement identifiable est éloquent sur le sentiment d'impunité qui règne dans les rangs de l'administration", a encore estimé le comité.

En décembre, une enquête avait été ouverte par le parquet et confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après qu'un homme de 23 ans, Arthur N., eut été lourdement blessé au visage lors d'une manifestation contre les retraites. La victime avait accusé la police de l'avoir passé à tabac.

Par B.R. avec AFP