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Les personnes handicapées davantage victimes de violences physiques, sexuelles et verbales

(photo d'illustration)

(photo d'illustration) - JOEL SAGET - AFP

D'après une étude conjointe du ministère de l'Intérieur et de la Santé dévoilée ce mercredi, une personne handicapée sur quatre est victime d'une atteinte. C'est près de trois points de plus que le reste de la population.

"Un écart" important. Les personnes handicapées sont davantage victimes de violences physiques, sexuelles et verbales que le reste de la population, selon une étude réalisée conjointement par le ministère de l'Intérieur et celui de la Santé et publiée ce mercredi.

Un handicapé sur quatre victime d'une atteinte

D'après les données issues de l'enquête Cadre de vie et sécurité entre 2011 et 2018, 25,2% des personnes handicapées déclarent avoir subi au moins une "atteinte" - allant du vol aux violences sexuelles -, alors que le taux du reste de la population se situe à 22,7%.

Dans le détail, le pourcentage de personnes victimes de vols avec violences est semblable (1%), l'écart se creuse pour les menaces (5,8% et 7,3%) et est bien marqué pour les violences physiques et/ou sexuelles "hors ménage": la proportion est de 3,4% pour la population globale et passe à 5,3% pour les personnes en situation de handicap.

Deux fois plus de personnes handicapées affirment avoir été agressées à leur domicile, en comparaison avec l'ensemble des Français (17% contre 8%).

Deux fois plus de femmes handicapées victimes de violences sexuelles

Plus inquiétant encore, deux fois plus de femmes handicapées se déclarent victimes de violences sexuelles (4%) par rapport au reste de la population féminine (1,7%). Un constat partagé pour les violences verbales (18,1% contre 15,1%).

L'étude conclut donc que "les femmes handicapées [sont] particulièrement exposées aux violences".

Des statistiques qui s'inscrivent dans un climat d'insécurité également plus marqué. Ainsi, 17% des personnes handicapées disent se sentir "de temps en temps ou souvent en insécurité", alors que le sentiment est présent à hauteur de 11% au sein de la population française globale.

Autre enseignement de l'enquête, "seule une victime handicapée sur quatre" s'est ensuite déplacée auprès des forces de l'ordre pour déposer plainte, alors que le reste de la population se situe à un sur cinq. Qu'il s'agisse d'un problème de mobilité ou de capacité d'accueil, la prise en charge des plaintes de personnes handicapées apparaît nécessaire pour mieux appréhender les violences dont elles sont victimes.

Esther Paolini et Mélanie Bertrand