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Vendée: un homme homosexuel de 63 ans agressé, deux jeunes condamnés à de la prison ferme

Le sexagénaire agressé à La-Roche-sur-Yon.

Le sexagénaire agressé à La-Roche-sur-Yon. - Twitter - France Bleu Loire Océan

Un groupe de cinq personnes comparaissait ce mercredi devant le tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon (Vendée), après avoir agressé un homme homosexuel en raison de son orientation sexuelle.

Deux garçons, âgés de 18 et 20 ans, ont été condamnés à la Roche-sur-Yon (Vendée), ce mercredi, en comparution immédiate à des peines de prison ferme pour agression à caractère homophobe commise lundi soir sur un homme âgé de 63 ans. L'un a été condamné à 18 mois de prison, dont six avec sursis, et le second à 18 mois, dont douze avec sursis. Le mandat de dépôt n'a pas été prononcé à l'audience. 

Trois jeunes femmes du même âge, qui les accompagnaient mais n'ont pas participé à l'agression, ont également été condamnées. L'une, conductrice du véhicule à bord duquel circulaient les cinq jeunes, à six mois avec sursis et 175 heures de travaux d'intérêt général (TIG) pour "complicité", les deux autres à 140 heures de TIG pour "non assistance à personne en danger".

Une jeune fille du groupe est étudiante et la plupart des cinq jeunes vivent chez leurs parents. Le garçon qui a obtenu la peine la plus lourde a déjà un casier judiciaire, selon France Bleu.

"Casser du pédé"

La victime s'est vu prescrire dix jours d'ITT. "Aujourd'hui, je suis debout mais j'aurais pu rester à terre", a dit l'homme durant l'audience à l'adresse de ses agresseurs.

Le sexagénaire, "vulnérable après un accident du travail à l'origine d'un handicap", selon France Bleu, a expliqué à la radio que "cinq jeunes se sont arrêtés à sa hauteur" puis que "deux sont sortis de la voiture, l'ont fait tomber au sol avant de lui asséner des coups de pied et des coups de poing". Au cours de l'agression, qui se déroulait dans un point de la préfecture de Vendée connu pour être un lieu de rencontre des homosexuels, la victime a perdu son dentier.

Les cinq prévenus ont pris la fuite à l'arrivée d'une voiture. Arrêtés peu après les faits et placés en garde à vue, les agresseurs ont finalement reconnu s'être rendus en ce lieu pour "casser du pédé". Selon France Bleu, ils sont des "habitué[s] de ces virées visant à intimider les gens qui se trouvent au point de rendez-vous". 

Clément Boutin avec AFP