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"Une personnalité normale", des accès de violence: des témoins décrivent le forcené de Saint-Just

Au lendemain de la mort de trois gendarmes dans le Puy-de-Dôme, les habitants de Saint-Just sont sous le choc. Certains décrivent le forcené comme un homme ayant récemment eu des épisodes de violence.

La gendarmerie a connu "l'un des événements les plus tragiques de son histoire", selon les mots du ministre de l'Intérieur. Dans la nuit de mardi à mercredi, trois gendarmes ont été tués et un quatrième gravement blessé à l'arme à feu par un individu lors d'une interpellation pour des violences familiales à Saint-Just, dans le Puy-de-Dôme. Les habitants de la commune, sous le choc, évoquent un voisin qui avait récemment eu des crises de violence.

La peur dans le regard

Fabien et Laurène ont passé plusieurs soirées avec Frédérik L. et sa compagne. Mais ils ont coupé les ponts après un dîner au cours duquel il s'était montré dangereux, selon eux.

"On a découvert qu'il avait une arme sur lui. Il avait aussi un peu bu et il a tiré deux coups de feu en l'air. On n'a pas compris pourquoi, les organisateurs du dîner l'ont mis de côté et ont géré la situation. À partir de ce moment, on a commencé à avoir un peu peur", raconte Laurène à BFMTV.

Les autorités n'ont toutefois pas été alertées. Et pourtant, cette dernière affirme que la compagne du forcené était effrayée par lui:

"Je le ressens en tant que femme. Ça se voit quand une femme a peur d'un homme. Il y a un regard qui ne trompe pas. Le jour où il y a eu ce repas, il y a au ce regard."

D'après le procureur de la République de Clermont-Ferrand Éric Maillaud, l'homme de 48 ans originaire des Antilles, avait en effet un profil "très inquiétant". Il était "catholique, très pratiquant, voire extrémiste. Survivaliste. Il semblerait qu'il était convaincu de la fin du monde prochaine."

Quelqu'un de "normal"

Plus jeune, il avait suivi une formation militaire d'un an, décrochant le statut d'élève officier de réserve. L'homme avait ensuite travaillé plusieurs années à Dubaï, avant de rentrer en France, où il suivait une formation d'élagueur. De son passage à l'armée, Frédérik L. en avait gardé une passion pour les armes. Il était "parfaitement aguerri à (leur) fonctionnement", a confirmé le procureur, et pratiquait le tir sportif depuis 2013.

Le président de son club de tir, à Salon-de-Provence, est tombé des nues après le drame:

Claude Cunin évoque auprès de BFMTV "une personnalité tout à fait normale,(un homme) très apprécié au sein du club". "Il était d'un comportement assez avenant, toujours souriant. On ne pouvait absolument pas détecter une quelconque mauvaise attention."

Sa pratique sportive lui a permis d'acquérir un "équipement militaire hors norme", selon le procureur: un Glock et un fusil d'assaut AR15 équipé d'un silencieux, d'une torche et d'une visée laser. Autour du domicile, "des centaines et des centaines de douilles" ont été retrouvées. "Une véritable scène de guerre", d'après Éric Maillaud.

Litige sur un paiement de pension alimentaire

Selon les premiers éléments de l'enquête, il n'existait pas de violences familiale connue entre la compagne, ses deux filles nées d'une précédente union et Frédérik L. En revanche, ce dernier était en litige avec sa précédente épouse, pour des raisons de non-paiement de pension alimentaire et de garde de leur fille de 7 ans.

Le corps du forcené a été découvert mercredi matin à proximité de son 4x4 renversé, à environ 1,5 kilomètre de son domicile. Le procureur a affirmé "qu'il y avait toutes les raisons de penser qu'il s'est suicidé."

Esther Paolini Journaliste BFMTV