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Une jeune musulmane rouée de coups par ses cousines pour sa liaison avec un catholique

Le palais de justice de Reims. (illustration)

Le palais de justice de Reims. (illustration) - Google Maps

Une jeune femme amoureuse d'un catholique harcelée par sa famille doit faire face à ses agresseurs présumés, ce jeudi matin, au tribunal correctionnel de Reims.

Ils ont tous deux 22 ans et ils s'aiment. Leur problème? La famille de celle que Le Parisien appelle Nawel, musulmane, n'accepte pas sa liaison avec son amoureux, catholique d'origine portugaise.

Dès le début de l'idylle, la jeune femme se doutait que cette histoire serait mal acceptée par sa famille. Au matin du 2 janvier 2015, elle prévient par une lettre ses parents qu'elle quitte leur domicile par souci de ne pas "leur faire du mal" et parce qu'ils "n'accepteront jamais la situation". 

Depuis, les choses sont allées de mal en pis, au-delà de ce que le jeune couple formé depuis trois ans aurait imaginé.

Harcèlement et violences du clan familial

Ce jeudi matin, Nawel fait face à ses bourreaux présumés devant le tribunal de Reims. Deux de ses cousines, 21 et 27 ans, l'auraient attaquée le 25 janvier dernier, à l'issue d'un rendez-vous pris pour tenter d'apaiser les tensions familiales.

La plaignante dit s'être fait insulter, tirer les cheveux et frapper à coups de poings et de pieds. Les deux jeunes femmes auraient tenté de faire monter Nawel à bord de leur véhicule, selon ses dires. Les deux prévenues nient aujourd'hui l'ensemble des faits. Une certitude: l'épisode aura valu à la jeune femme 10 jours d'ITT.

Des menaces de mort

Du côté des parents et de la fratrie, le tableau n'est pas meilleur. Nawel affirme que son père a proféré des menaces de mort contre elle. Ses sœurs dont elle "était si proche" ne lui répondent plus. "Ils m'ont effacée de leur vie du jour au lendemain", déplore-t-elle. Dégradation de sa boîte aux lettres et du véhicule de son compagnon, coups de fil incessants, la jeune femme a dû quitter Reims pour échapper au harcèlement de sa famille. Elle a depuis trouvé un poste d'infirmière dans une autre ville.

Faisant l'objet d'un suivi psychologique, elle assure qu'elle "ne regrette rien". "J'ai le droit de décider par moi-même, peu importe ce que veut la tradition", avance-t-elle. Le procès qui se tient ce jeudi au tribunal correctionnel de Reims lui permettra peut-être de "tourner la page".

David Namias