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Une "équipe juridique" se constitue pour défendre les lycéens de Mantes-la-Jolie

Les interpellations à Mantes-la-Jolie ont déclenché une vive polémique.

Les interpellations à Mantes-la-Jolie ont déclenché une vive polémique. - Capture BFMTV

Cette annonce a pour but de mettre la pression sur l'autorité judiciaire après le classement sans suite de l'enquête administrative.

Le collectif de défense des jeunes du Mantois, qui rassemble plusieurs parents de lycéens arrêtés en décembre à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, a annoncé ce mercredi la création d'une "équipe juridique" constituée d'avocats parisiens pour défendre les lycéens et "faire avancer l'enquête".

"C'est une affaire qui implique de traiter beaucoup de plaintes, de s'occuper de beaucoup d'enfants", a expliqué Arié Alimi, avocat d'une vingtaine de lycéens ayant déposé plainte, lors d'une conférence de presse. "Emmanuel Tordjman a accepté de nous rejoindre comme d'autres: Antoine Comte, Raphaël Kempf et Alice Becker", a détaillé l'avocat. 

L'enquête administrative classée sans suite

Cette annonce a pour but de mettre la pression sur l'autorité judiciaire après le classement sans suite de l'enquête administrative, annoncé jeudi par la patronne de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), Brigitte Jullien.

"L'enquête administrative a permis d'établir qu'il n'y avait (...) pas (eu) de comportements déviants de la part des policiers", a-t-elle affirmé devant une commission d'enquête de l'Assemblée nationale.

Demande de nomination d'un juge d'instruction

"Il n'y a qu'une manière de faire avancer cette enquête: faire comprendre que l'opinion publique a été choquée", a assuré Arié Alimi, répétant sa demande de nomination d'un juge d'instruction pour ne pas laisser "le procureur et l'IGPN mener une fausse enquête".

"C'est fondamental qu'un juge soit rapidement saisi", a appuyé Emmanuel Tordjman. Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée le 6 mai pour forcer la désignation d'un juge d'instruction.

"On se croirait au zoo de Thoiry"

Yasser, élève de première au lycée Saint-Exupéry, a raconté à la presse son interpellation et sa garde à vue. "On était à 15 dans une cellule de cinq et le vendredi matin (lendemain des interpellations, ndlr), on a entendu la policière qui prenait la relève dire 'on se croirait au zoo de Thoiry'", a notamment rapporté le lycéen de 17 ans. Il a assuré avoir été témoin d'insultes et de coups de matraques portés par des policiers à des lycéens.

Le 6 décembre, 151 jeunes de 12 à 21 ans avaient été interpellées après des incidents en marge d'une manifestation dans le cadre d'une mobilisation lycéenne. Une vidéo de l'arrestation de ces jeunes, à genoux, mains sur la tête ou menottés dans le dos, avait suscité l'indignation sur les réseaux sociaux et dans la classe politique. Une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre est en cours depuis février et a été confiée à l'IGPN.

Cyrielle Cabot avec AFP