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Un "mur des voleurs" affiché dans un supermarché parisien

Carrefour City, rue de Vaugirard.

Carrefour City, rue de Vaugirard. - Capture d'écran Google Street View.

Un magasin du XVe arrondissement de Paris publiait le visage des voleurs qui sévissaient dans ses rayons depuis plusieurs mois. Un procédé radical, mais illégal. Le groupe Carrefour parle d'un cas isolé et assure avoir demandé "le retrait immédiat du panneau".

Un supermarché parisien a pris la décision radicale d'afficher dès son seuil les photos des voleurs présumés qui auraient sévi dans ses rayons. Comme l'a repéré Le Parisien ce lundi, la direction du Carrefour City de la rue Vaugirard, dans le chic XVe arrondissement de la capitale, a installé une pancarte sur un mur avec une quinzaine d'images de vidéo-surveillance. Sur chacune d'entre elle, un homme ou une femme, pris en photo dans le magasin.

En légende, on peut lire "vol déo + chocolat tablette 2014", "vol chapon 2013", "vol oie gras", "pickpocket" ou encore "vol lait infantile". D'après une employée citée par le quotidien, cette initiative remonterait à au moins deux ans. Une autre explique qu'il s'agit avant tout de "mettre en garde les vigiles sur ces personnes qui ont été identifiées à plusieurs reprises".

Des voleurs "clairement identifiables"

D'après Le Parisien, qui a flouté les images en couleurs, "les personnes visées, que l'on voit déambuler dans le magasin, sont clairement identifiables" sur le tableau, lui-même "bien en vue". Un procédé a priori illégal, en raison de l'absence de consentement des personnes dont la photo est publiée. "Qui nous dit qu'ils ont vraiment volé?" s'interroge un client dans les colonnes du titre de presse.

D'autant que les images enregistrées de vidéo-surveillance doivent respecter la vie privée des client. Elles ne doivent pas être librement accessibles à l'ensemble des employés ou des clients et ne doivent pas être conservées au delà d'un mois.

Le groupe Carrefour parle d'un cas isolé et assure avoir demandé "le retrait immédiat du panneau". Une méthode qui rappelle l'action de ces habitants de Villeneuve-d'Asq, en 2013, qui avaient décidé d'afficher les photos de cambrioleurs dans leur quartier ou encore la décision d'un gérant de supermarché de Tarascon en 2008.

A. D.