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Un lycéen menacé après Charlie Hebdo: "ils me disent on veut ta mort"

Depuis la parution d’un numéro en hommage au journal satirique après les attentats, le rédacteur en chef du journal lycéen vit un véritable calvaire. Il s'est confié à BFMTV et RMC.

Menaces de mort, balles de revolver, croix gammée… Un élève du lycée Marcelin Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés dans le Val-de-Marne vit un véritable calvaire depuis quatre mois. Son tort ? Avoir soutenu Charlie Hebdo après l’attentat des frères Kouachi de janvier dernier. Pour manifester leur soutien au lycéen, les professeurs de l'établissement ont exercé jeudi leur droit de retrait.

Les menaces ont débuté le 23 janvier pour Louis. Le jeune homme, qui ne rencontre pas de problème dans l’établissement, est aussi le rédacteur en chef du journal lycéen La Mouette bâillonnée. Après l’attaque de la rédaction du journal satirique, les élèves ont décidé de consacrer leur nouveau numéro à Charlie Hebdo. L'élément déclencheur de toute l'affaire.

"On veut ta mort"

Dès le lendemain de la parution de cette édition hommage, composée de billets d'humeur, des poèmes, de dessins, mais aussi d'une caricature représentant Mahomet, Julien reçoit la une de son journal, agrafée avec une croix gammée et un cercueil. "Ça nous touche, c’est très compliqué à vivre", confie à BFMTV Pierre-Louis, un camarade de Julien.

Une plainte est alors déposée mais les menaces se poursuivent et deviennent de plus en plus violentes. Au total, ce sont pas moins de sept lettres qui vont être envoyées, dont deux accompagnées de balles de revolver. "Ca ne fait jamais plus de deux lignes, c'est très direct", explique Louis.

"On veut ta mort, commence à faire tes adieux", détaille-t-il, confiant ne pas comprendre et avoir peur.

Protection policière

Malgré les appels à l'aide de la direction, l'enquête piétine. Et c'est dans ce contexte de crainte et pour tenter de faire accélérer la situation que les professeurs de ce lycée du Val-de-Marne ont exercé leur droit de retrait. "Nous en sommes à la septième lettres de menace et rien n'est visible dans l'établissement contre les auteurs de ces menaces, assure, agacée, une enseignante. Il y a dans le lycée des gens qui continuent d'agir en toute impunité. Ils seront reçus vendredi au ministère.

En attendant de trouver les auteurs de ces menaces, la famille de Louis réclame des mesures de protection. Après son dépôt de plainte il y a quatre mois, il avait bénéficié d'un dispositif de sécurité pendant... deux jours.

"Dégoût" et "révolte"

Reporters sans frontières, qui suit l'affaire en toute discrétion, a également appelé à la mise en place d'une protection physique du jeune homme. "RSF demande qu’une enquête interne approfondie soit menée au lycée (...) et que le procureur et la police prennent l’affaire plus au sérieux, déclare Christophe Deloire, le secrétaire général, assurant qu'il est "inadmissible" que la situation dure depuis des mois.

Interrogé sur cette affaire vendredi matin par France Info, Riss, le directeur de Charlie Hebdo, a expliqué que celui lui inspirait "dégoût" et "révolte".

J.C. avec Antoine Heulard