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Un gendarme mis en examen pour meurtre 17 ans après les faits

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Un gendarme soupçonné du meurtre d'une étudiante lilloise en 1995 a été mis en examen et écroué vendredi après-midi, trois jours après son interpellation à Nice, et 17 ans après les faits. Âgé de 39 ans, le suspect a été confondu par son ADN.

Dix-sept ans après le meurtre d'une étudiante lilloise, un gendarme de Nice, interpellé mardi et confondu par son ADN, a été mis en examen vendredi par le juge d'instruction chargé de l'affaire et écroué, après une enquête au long cours.
Âgé de 39 ans, le militaire originaire du nord de la France a été transféré à Lille au lendemain de la fin de sa garde à vue à Nice, où il officiait en tant qu'adjudant de gendarmerie. Le suspect faisait partie des connaissances de la victime, retrouvée étranglée le 24 mai 1995 dans la baignoire d'un studio qu'elle partageait avec une amie.
Lors de la garde à vue du suspect, qui n'était pas encore gendarme à l'époque des faits, une correspondance a pu être établie entre un prélèvement ADN pratiqué sur cet homme et un élément génétique retrouvé sur un peignoir.
Des membres de la famille du suspect ont également été placés en garde à vue.

La famille de la victime soulagée

« C'est quelque chose qu'on attend depuis longtemps, c'est un soulagement, a aussitôt réagi le frère de la victime, depuis Wizernes, dans le Pas-de-Calais, d'où la famille est originaire. L'enquête n'est pas encore finie, ça fait 17 ans qu'on attend, on va encore attendre jusqu'au jugement ».
« C'est le combat de 17 ans que mes parents ont mené pour ne pas que l'enquête prenne fin et on en voit un peu le bout du tunnel, s'est encore réjoui le frère de l'étudiante assassinée. On peut dire un grand merci au juge qui s'est chargé de l'enquête et avec les inspecteurs de police qui ont toujours tenu à ce que l'enquête ne soit pas fermée ».
Cette jeune fille, qui avait presque 18 ans, avait été retrouvée étranglée le 24 mai 1995, à la veille de l'Ascension, dans la baignoire d'un studio qu'elle partageait avec une amie. Seul indice à l'époque, un poil pubien avait été retrouvé sur la scène du crime.

Trop peu d'indices à l'époque

Le 24 mai 1995, la colocataire de la victime était passée chez elle vers 17h30 pour récupérer des affaires à la veille d'un jour férié. Elle n'avait pu faire usage de sa clé, la serrure étant obstruée par une pièce métallique. Avec des amis et craignant un cambriolage, elle avait alors forcé la porte, mais n'avait constaté aucune trace de vol.
Elle s'était rendue à la salle de bains avant de repartir, et avait trouvé porte close. Au travers de la ventilation, elle avait alors aperçu un pied et appelé les pompiers, qui avaient ensuite découvert l'étudiante immergée aux trois quarts dans la baignoire.
En janvier, un autre meurtrier présumé avait été retrouvé après de très longues années d'enquête, grâce à de nouvelles analyses ADN, celui d'Elodie Kulik, directrice d'agence bancaire violée et tuée en 2002 dans la Somme.

17 ans après, l'ADN a parlé

Lors de la garde à vue du suspect, qui n'était pas encore gendarme à l'époque des faits, une correspondance a pu être établie entre un prélèvement ADN pratiqué sur cet homme et un élément génétique retrouvé sur un peignoir.
Cet élément génétique a été sorti des scellés et réexaminé des années après les faits à la demande de la famille de la victime et compte tenu des progrès de la police scientifique.
Le dossier n'avait en réalité jamais été clos. En 2007, un homme, étudiant au moment des faits, avait été mis en examen pour avoir donné un faux alibi. Ce dernier, qui a toujours nié toute implication et dont l'ADN ne correspondait pas à celui retrouvé sur la scène de crime, n'a jamais été jugé.

Alexandre Le Mer avec AFP